Drame à Toulouse: Le tueur filmerait ses carnages
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Drame à ToulouseLe tueur filmerait ses carnages

Un témoin affirme avoir aperçu une petite caméra autour du cou du tueur de Toulouse. Le journal «Sud Ouest» estime que l'homme pourrait filmer les faits lorsqu'il passe à l'action.

par
cga

Selon le quotidien «Sud Ouest», un témoin a rapporté aux enquêteurs que le tueur pourrait avoir une caméra autour du cou.

Le quotidien se demande si le tueur au scooter filme les faits lorsqu'il passe à l'action. Les policiers tentent de corroborer ce témoignage à partir des images vidéo capturées par la vidéosurveillance de l'école.

«Nous ne savons pas qui il est»

Ces révélations ont été confirmées par le ministre de l'Intérieur français, Claude Guéant, mardi matin. Il a déclaré que les enquêteurs n'avaient pas identifié le tueur en série, qui a assassiné des militaires et des juifs à Toulouse et Montauban (sud-ouest), ajoutant qu'un témoin l'avait vu agir avec une «petite caméra autour du cou».

«Nous ne savons pas aujourd'hui qui il est», a dit Claude Guéant à la radio Europe 1. «Pour l'instant, le travail continue. Nous ne sommes pas plus avancés que cela», a ajouté M. Guéant, indiquant qu'«un témoin a vu une petite caméra autour du cou du tueur». Un appareil de type GoPro, a affirmé le ministre.

«C'est un indice qui a été signalé, effectivement. C'est un appareil d'enregistrement de vues qui se place sur la poitrine et qui est ajusté par des sangles et on l'a vu effectivement - et un témoin l'a dit - avec cet appareil», a expliqué le ministre de l'Intérieur.

«Je ne sais pas s'il filme tout, mais cet appareil a été vu, effectivement», a-t-il ajouté.

«Un calculateur qui connaît les armes»

Un tueur calculateur, déterminé, sportif qui agit avec sang-froid, connaît les armes et cible ses victimes. Beaucoup d'enquêteurs jugeaient crédible la piste d'un militaire ou paramilitaire xénophobe et raciste dans les affaires de Toulouse et Montauban, sans exclure le geste d'un déséquilibré dépourvu d'idéologie. Le point sur les différentes hypothèses.

Ex ou actuel militaire. De nombreux enquêteurs notent l'apparente «connaissance parfaite» des armes qu'a le tueur, son «habitude à leur maniement», son «sang-froid», sa «capacité de garder son calme», sa «détermination», son côté «sportif», sa maîtrise «de la conduite de deux-roues à moteur de forte puissance».

Aussi envisagent-ils d'avoir affaire à «un militaire ou paramilitaire», ancien ou encore en service, individu «xénophobe et raciste», ou néonazi. «Ça sent son militaire, c'est un pro ou un ancien pro», avancent d'autres.

Calculateur, il avait une arme de rechange. Il s'en est servi à Toulouse, car son arme tirant des balles de 11,43 s'est enrayée.

Une autre source relativise cependant les qualités de tireur, relève des traces de balles perdues et des tirs facilités par la faible distance avec ses cibles.

Racisme et xénophobie. Les trois parachutistes de Toulouse tués étaient d'origine maghrébine, un quatrième blessé d'origine antillaise. Les victimes tuées ou blessées devant le collège-lycée sont juives.

Déséquilibré. L'hypothèse d'un «déséquilibré sans idéologie», bien que «pas exclue», ne paraît toutefois pas «tenir la corde», selon des enquêteurs. Si, pourtant, il s'agissait de cela, ce serait un «déséquilibré organisé», selon une source qui fait remarquer que chaque tuerie a été perpétrée à quatre jours d'intervalle.

Terrorisme. Cette piste, au sens propre de «terrorisme extérieur (al-Qaida, par exemple) ou intérieur» (ultragauche ou néonazis) n'est pas obligatoirement privilégiée par les enquêteurs, même s'ils ne veulent pas «l'exclure a priori».

Ultradroite. Un homme opposé à une société multiethnique, comme en Norvège, où Anders Behring Breivik a tué 77 personnes le 22 juillet dernier.

Ultragauche. La région toulousaine est un fief historique de l'ultragauche, dont certains adeptes sont à la fois antimilitaristes et antisionistes, mais les policiers spécialistes français semblent ne pas y croire.

Néonazis. Le 17e RGP de Montauban auquel appartenaient les trois militaires visés dans cette ville avait été le théâtre de démonstrations nazies de la part de trois de ses militaires, dénoncés à leur hiérarchie par un autre, qui a depuis quitté l'armée. (cga/afp)

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