Actualisé 30.03.2020 à 09:03

Personnalisation

Le tuning se fait plus efficace et moins criard

Après les années tape-à-l'oeil, la tendance est désormais à la recherche de la performance, couplée à une «certaine» discrétion.

de
Pierre Thaulaz
Enfant, Corentin démontait ses petites autos. Désormais, il transforme les voitures de ses clients.

Enfant, Corentin démontait ses petites autos. Désormais, il transforme les voitures de ses clients.

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Qui a dit que les jeunes générations ne s'intéressaient

plus à l'automobile? Corentin Georges, 24 ans, reçoit chaque jour dans son atelier de Marly (FR) des «clients-amis» prêts à lui confier leur objet le plus cher. Sa petite entreprise – dont il est à la fois le patron et l'employé – ne connaît pas la crise, malgré une concurrence toujours plus rude dans le domaine du tuning, ou plutôt de la personnalisation: «Dans les années 1990-2000, on privilégiait les gros pare-chocs en fibre de verre, les néons sous la voiture, des écrans dans tous les sens, une monstre sono. J'ai aimé le tuning de cette époque, mais tout s'est un peu perdu aujourd'hui.»

Les tendances actuelles? «Souvent, on me demande un freinage plus efficace ou un nouvel échappement. Mais si on touche à l'esthétique, les gens s'arrêtent souvent à un rabaissement, à des jantes et à un rajout avant ou un rajout de bas de caisse. Ça a aussi évolué au niveau des homologations, toujours plus drastiques.»

Et le jeune homme d'exhiber la liasse de paperasse accrochée au permis de circulation de sa Subaru Impreza STi WRX «légèrement» transformée: «Ma voiture est plus orientée sur la performance que sur l'esthétique», ajoute Corentin, qui sait évidemment de quoi il parle.

À 14 ans, il boostait son vélomoteur pour en faire une petite bombe: «J'étais un sale jeune, entre guillemets. N'empêche qu'à la fin de ma scolarité, lorsque je me suis présenté pour un stage dans un garage et qu'ils m'ont vu arriver avec ce vélomoteur, ils ont adoré…» 

Mieux vaut avoir des finances solides

Certains passionnés n'hésitent pas à casser leur tirelire, comme ce client de Corentin qui a investi 60'000 francs sur une japonaise qui en vaut 30'000 d'occasion: «Rien que pour les jantes, il y en a pour 4000 francs. Tout est homologué, du capot carbone aux suspensions air en passant par les sièges baquet et le demi-arceau.» Ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir ce genre de beautés devront patienter et faire des économies. «Je dirais qu'en dessous de 400 francs il n'y a pas moyen de faire grand-chose», précise le mécano de Marly.

«Pour beaucoup, c'est leur bébé!»

Attaché à sa monture, le client tuning lambda? «Pour beaucoup, c'est leur bébé. Certains sont vraiment psychopathes par rapport à leur voiture, précise Corentin. Avec un client, on a fait le tour de son véhicule. Il m'a dit: il n'y a pas une marque, donc quand je la récupère je ne veux pas qu'il y ait une marque. Au fur et à mesure que je démontais, je faisais des photos chaque fois que je voyais un truc bizarre, et je les lui envoyais en direct…»

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