Tour de France: Le tunnel de l'horreur pour les leaders
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Tour de FranceLe tunnel de l'horreur pour les leaders

Froome, Zakarin, Quintana et de nombreux autres coureurs sont restés très longtemps coincés avant le tunnel qui devait permettre de quitter le Valais.

par
Robin Carrel
Finhaut-Emosson

Il est 19h15 et Nairo Quintana a coupé la ligne d'arrivée depuis plus de deux heures. Un homme de l'encadrement de l'équipe Movistar, désespéré, frappe à la fenêtre de notre voiture pour nous demander de nous décaler sur la droite. Notre véhicule est encore arrêté à 400 mètres de l'entrée du tunnel et le 2e du dernier Tour de France juste derrière. Comme en course, finalement. On apprendra plus tard que Chris Froome, le maillot jaune, et Ilnur Zakarin, vainqueur de l'étape, ont eux aussi été bloqués dans ce bouchon de montagne. Ils sont tous trois passés par le contrôle antidopage et ont manqué le bon wagon.

«Directement au départ»

Le Colombien, largué dans le final de la montée vers Emosson, doit être tendu. Comme les autres leaders d'ailleurs. Ils ont un contre-la-montre à préparer et doivent impérativement récupérer. «C'est presque mieux qu'on aille directement au départ», a grincé le soigneur de la Movistar. Tout le monde était logiquement très nerveux, car de nombreux suiveurs qui n'avaient rien à faire là ont réussi à passer les contrôles et sont descendus par la route sous le barrage dont on vous parle depuis des jours.

Dommage, car cette 17e étape du Tour de France s'était parfaitement déroulée jusque-là, dans un cadre enchanteur et avec le Valaisan Steve Morabito à l'attaque. Mais elle a finalement tourné au fiasco. Le premier coureur du «chrono» prévu entre Sallanches et Megève jeudi doit prendre le départ sur le coup de 10h45. En comptant les 80 à 100 km à parcourir encore pour rallier les hôtels des formations respectives à travers des routes escarpées, la nuit s'annonce longue pour certains.

Tunnel passé 2h30 après l'arrivée

Les derniers leaders ont fini par entrer dans le tunnel à exactement 19h36. On vous laisse faire le calcul du moment où les cyclistes pourront enfin rejoindre les bras de Morphée, en comptant le passage sur la table de massage et le repas. Ajoutez-y le temps de ressasser sa course pour Nairo Quintana, lui qui a encore cédé du terrain en montagne aux autres principaux leaders du Tour de France.

La veille, Christian Prudhomme était tellement charmé par l'arrivée – extraordinaire il est vrai – au barrage d'Emosson qu'il envisageait d'ores et déjà de revenir dans ce coin du Valais dans un futur proche. Pas sûr que les équipes qui sont restées bloquées de longues heures à attendre leur tour pour entrer dans ce fameux tunnel soient d'accord avec lui. Un tel manque d'équité, le Tour ne peut pas se le permettre.

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