Le Turkménistan vote pour tourner la page Niazov
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Le Turkménistan vote pour tourner la page Niazov

Les Turkmènes se sont rendus aux urnes en nombre dimanche pour élire leur nouveau chef de l'Etat après la mort du président à vie Saparmourat Niazov.

L'OSCE a toutefois estimé que le scrutin n'était ni libre ni honnête.

Six candidats étaient en lice pour remplacer M. Niazov, qui dirigea le Turkménistan d'une main de fer durant 21 ans avant de succomber en décembre à une crise cardiaque. Mais le président intérimaire Gourbangouly Berdymoukhammedov semblait assuré de la victoire face à cinq concurrents sans envergure et membres comme lui du parti unique, le Parti démocratique.

L'investiture a d'ailleurs déjà été programmée pour mercredi même si techniquement un second tour pourrait avoir lieu. Les organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé un simulacre d'élection, qui vise selon elles à consolider «une nouvelle dictature».

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'est elle aussi montrée très sévère. «On peut difficilement appeler cela des élections et elles ne sont absolument pas libres ni équitables», a déclaré le député portugais Joao Soares, présent à Achkabad avec quatre autres membres de l'assemblée parlementaire de l'OSCE.

«Ce que nous avons vu ne correspond pas aux critères de l'OSCE», a-t-il ajouté. «Mais nous devons admettre que, pour un pays qui a été sous un régime fort depuis si longtemps, tenter au moins de faire quelque chose qui ressemble à une élection est un pas en avant», a-t-il ajouté.

L'OSCE a délégué neuf experts électoraux pour ce scrutin, mais a fait savoir qu'ils n'étaient pas chargé de publier un commentaire officiel sur le déroulement des opérations de vote.

Soif de changement

Malgré tout, les Turkmènes se sont rendus aux urnes en nombre pour ce scrutin. Selon des chiffres provisoires, la participation s'est établie, à la fermeture de bureaux de vote, à 98,68% des 2,6 millions d'électeurs inscrits.

La population veut en effet croire en une nouvelle ère, après que M. Niazov a fait de son pays l'un des plus répressifs au monde, dilapidant les milliards de dollars tirés des exportations de gaz pour construire des statues à sa gloire.

Car si M. Berdymoukhammedov s'est taillé une image de fidèle du défunt président, il a fait campagne en promettant des réformes pour pallier les excès du régime. Son slogan électoral proclame que le «bonheur» passe par la «fidélité» au «Turkmenbachi» (»le père de tous les Turkmènes»). Mais il promet une refonte du système de santé et de l'éducation, deux domaines ravagés par les «économies budgétaires» de Niazov.

M. Berdymoukhammedov a aussi suggéré à terme la disparition du système du parti unique et une libéralisation de l'accès à Internet. En revanche, il ne semble pas question de supprimer une «liste noire» de citoyens auxquels il est interdit de quitter le pays, ni de libérer des prisonniers politiques.

Sous-sol riche

L'évolution en cours est aussi suivie avec intérêt par les grandes puissances russes, occidentales et chinoises, alléchées par les 2900 milliards de m3 de gaz naturel dont regorge le sous-sol turkmène.

Les premiers résultats du vote étaient attendus dans la nuit de dimanche à lundi. Les résultats officiels seront proclamés mardi.

(ats)

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