Actualisé 24.11.2009 à 18:58

Grippe porcineLe vaccin donne des allergies aux Canadiens

Un nombre inhabituel de réactions allergiques «graves» au vaccin contre le virus grippal H1N1 a été enregistré récemment au Canada.

Un lot du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) a dû être rappelé, a indiqué mardi l'Organisation mondiale de la santé, qui maintient ses recommandations pour une vaccination massive.

«Les autorités canadiennes ont rappelé un lot de vaccins de GSK» et «mènent les recherches» nécessaires pour établir les causes de ces allergies, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'OMS, Thomas Abraham. Il n'a pas donné de précision sur le nombre exact de cas graves détectés.

GSK a reconnu qu'un lot de 172'000 doses de son vaccin Arepanrix - sur les 7,5 millions de doses expédiées au Canada - semblait avoir entraîné un pourcentage «un peu plus élevé» que les 1/100'000 réactions fortes admises pour de tels produits.

Un «choc anaphylactique»

Le produit émanant de ce lot a entraîné, entre autres, des réactions affectant le coeur et le poumon, a déclaré une porte- parole de GSK à Londres. Cette réaction dite «choc anaphylactique» peut s'avérer fatale dans certains cas.

La porte-parole de GSK n'a pas été en mesure d'indiquer le nombre de doses administrées mais a précisé que le lot incriminé n'avait pas été à proprement parler «rappelé». Le laboratoire a demandé aux autorités médicales de suspendre son administration.

Elle a assuré que le laboratoire britannique «continuait à enquêter» sur les raisons de ces réactions apparemment dues à son vaccin qui n'ont pas empêché le programme de vaccination de se poursuivre comme prévu au Canada.

La Suisse pas concernée

GSK a également fourni à la Suisse des doses de son vaccin Pandemrix, qui a été agréé par Berne. Interrogée par l'ATS, Katrin Holenstein, de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a toutefois indiqué que la Suisse n'était pas concernée par le rappel des doses. Les vaccins rappelés provenaient d'une production canadienne.

Swissmedic surveille d'éventuels effets secondaires du vaccin en Suisse. Le porte-parole de cet organisme, Joachim Gross, a indiqué à l'ATS que rien de particulier n'avait été constaté concernant le vaccin Pandemrix, ni d'autres vaccins.

L'OMS maintient ses recommandations

M. Abraham a assuré que l'OMS ne changeait pas dans l'état actuel ses recommandations concernant les vaccinations à grande échelle, qui restent selon l'organisation le moyen le plus efficace pour lutter contre un virus jugé «vicieux». «Nous devons d'abord comprendre ce qui s'est passé au Canada», a insisté le porte-parole.

L'OMS a répété vendredi que les vaccins restaient «efficaces» et ce malgré les quatre cas de mutations du virus enregistrés en Norvège, sur lesquels l'OMS continue d'enquêter. L'agence de l'ONU cherche à savoir si cette mutation est associée à des cas plus graves de la maladie. Pour l'instant, il n'y a pas de preuves en ce sens.

Quant à la trentaine de décès signalés dans le cadre des vaccinations à grande échelle, elles n'ont, selon l'organisation, pas permis jusqu'à présent d'établir un lien avec les vaccins.

Enquête sur la résistance au Tamiflu

L'OMS enquête par ailleurs sur une souche résistante au Tamiflu, a affirmé mardi un porte-parole de l'organisation. Cinq cas de résistance à l'oseltamivir ont été signalés dans l'ouest de l'Angleterre et d'autres aux Etats-Unis. L'OMS souligne toutefois que les médicaments antiviraux restent efficaces.

Moins d'une centaine de cas de résistance au Tamiflu (sur des millions de doses de médicaments) ont été signalés à l'OMS jusqu'ici dans le monde, a précisé l'organisation.

Les cas de résistance sont rares, mais ils peuvent survenir lorsqu'il est fait usage des antiviraux en grandes quantités et sur des malades dont l'état de santé est très mauvais et dont le système immunitaire est déficient. (ats)

Français vaccinés en masse

Longtemps réticents voire hostiles, de plus en plus de Français se pressent désormais dans les centres de vaccination contre la grippe H1N1, en expansion rapide dans le pays, prenant de court les autorités sanitaires qui disent ne pas avoir anticipé une telle affluence. Annonce vendredi de la mutation du virus en Norvège, multiplication des cas graves, écoles qui ferment les unes après les autres: autant de raisons qui semblent avoir poussé, il a quelques jours, les Français à franchir les portes des 1060 centres qu'ils boudaient depuis le début de la campagne, le 12 novembre.

«Nous avons multiplié par sept la fréquentation des centres en moins d'une semaine», a déclaré mardi la ministre de la Santé Roselyne Bachelot à la radio France info, citant le chiffre de 70 000 personnes vaccinées pour la seule journée de samedi.

Face à cette affluence, qui se traduit parfois par de longues files d'attente, voire des candidats à la vaccination refoulés, Mme Bachelot a annoncé l'augmentation des personnels et des horaires d'ouverture.

«Il y a besoin de réglages parce que nous n'attendions pas, c'est vrai, un tel engouement des Français pour la vaccination», a déclaré la ministre, qui s'était fait vacciner devant les caméras pour montrer l'exemple à une population très sceptique.

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