Actualisé 04.07.2006 à 19:56

Le Valais prime deux danseurs de break

Permettre à chacun, quel que soit son revenu, de faire du break ou du hip-hop: le projet de deux jeunes a séduit le Conseil d'Etat valaisan.

«Ah, je suis content! Vous embellissez ma journée», s'écrie Mentor Citaku, apprenant qu'il a reçu, avec son compère Uka Ahmeti, le Prix d'encouragement à la jeunesse. Doté de 5000 fr. financés par des privés, ce prix vient donner un coup de pouce à leur rêve, sur le point de se réaliser: créer une école de danse.

A 19 ans, Mentor a un solide passé de danseur. Il a même été champion romand de hip-hop, catégorie duo, et vice-champion de Suisse. «On a commencé dans un endroit chelou, avec du carrelage par terre. Quand on tombe, ça fait mal», se souvient le jeune homme, tout frais diplômé de l'école de commerce. «Le break devenant une mode, seuls les gens avec certains moyens peuvent prendre des cours. Nous on ne veut pas que ce soit une histoire d'argent», explique Mentor.

Celui-ci note un changement dans le regard des Valaisans. «Au début, on nous prenait pour des vandales. Maintenant les gens se rendent compte que c'est un art». «Leo dance» doit ouvrir ses portes en septembre, abrité par la maison des jeunes de la Dzèbe à Saint-Maurice, dont l'animatrice, Anne-Marie Roduit-Thétaz, a cru à leur projet. Par terre, il y aura un vrai parquet prévu pour la danse, et pas du carrelage.

D'origine kosovare, Mentor, ne tarit pas d'éloges sur la Suisse où il a grandi: «Dans ce pays, on peut faire et avoir plein de choses, il suffit de bosser. Moi, en m'ouvrant des portes, j'essaie d'en ouvrir à d'autres et de rendre un peu de ce que j'ai reçu.»

Emmanuelle Robert

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