Actualisé 14.10.2015 à 07:32

Fuites d'informations

Le Vatican craint un nouveau «Vatileaks»

Une lettre adressée au pape a été divulguée, alors qu'une assemblée est réunie pour discuter de la place de la famille dans l'Eglise catholique. Le Vatican ne compte pas se laisser abattre.

Le pape François mène le synode sur la famille.

Le pape François mène le synode sur la famille.

Le synode «ne se laissera pas conditionner» par la divulgation d'une lettre privée adressée au pape par treize cardinaux conservateurs dénonçant son fonctionnement, a assuré mardi le Vatican. L'un des signataires a évoqué le spectre d'un nouveau «Vatileaks».

Dans cette lettre confidentielle datant du 5 octobre, ces treize cardinaux, des figures connues et de divers continents, entrent en rébellion contre l'organisation du synode sur la famille, décidée par le pape François, expliquant redouter que les jeux soient faits au profit des plus progressistes.

«Un acte perturbateur»

Cette lettre a été divulguée lundi par le vaticaniste Sandro Magister, une des voix critiques du pontificat de François, exclu de la salle de presse pour avoir diffusé le texte de l'encyclique «Laudato si'» avant sa publication. «Qui a publié la lettre a accompli un acte perturbateur qui n'était pas voulu par les signataires», a réagi le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi.

«Il ne faut pas se laisser conditionner. Il est possible de faire des observations sur la méthodologie du synode, qui est nouvelle. Et cela n'est pas surprenant. Mais une fois arrêtée cette méthodologie, il faut l'engagement de tous de l'appliquer de la meilleure façon possible», a-t-il ajouté.

«Nouveau Vatileaks»

L'un des signataires, le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, gardien de la doctrine, a de son côté réclamé que les responsabilités de la fuite soient établies. «Ceci est un nouveau Vatileaks. Une lettre privée appartient au pape. Comment est-ce possible qu'elle soit publiée?», s'est-il indigné.

En 2012, le scandale «Vatileaks» avait vu la fuite organisée dans la presse italienne de documents confidentiels adressés au pape Benoît XVI. Son majordome, Paolo Gabriele, a été condamné puis gracié pour avoir transmis des documents.

Inexactitudes

Un autre signataire, le cardinal australien George Pell, «ministre» de l'Economie du Vatican, a pour sa part précisé que le texte publié contenait des inexactitudes et que la liste des signataires n'était pas exacte.

Quatre cardinaux cités à tort ont en effet démenti avoir signé le texte, dont le cardinal de Paris, André Vingt-Trois, un des vice-présidents du synode, et le cardinal de Budapest, Peter Erdö, son rapporteur général.

La question du divorce

La lettre porte principalement sur l'interdiction de la communion aux divorcés remariés, qu'ils considèrent comme non négociable. Elle vise aussi indirectement le pape en mettant en doute la neutralité de la commission qu'il a chargée de rédiger le document final du synode.

Le cardinal-archevêque de Washington, Donald Wuerl, membre de cette commission, a assuré au quotidien britannique The Tablet: «Je n'ai pas observé la manipulation dont ils parlent. J'ai participé à des synodes depuis 1990 et celui-ci-là est le plus ouvert». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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