Actualisé 12.06.2012 à 15:14

Eglise américaineLe Vatican remet au pas deux soeurs rebelles

Le Vatican a rappelé aux sœurs que «l'autorité suprême» du Saint-Siège s'appliquait à elles, tout en se félicitant d'un esprit d'«ouverture et de cordialité» lors d'une rencontre, mardi au Vatican.

La hiérarchie catholique reproche aux supérieures du «Conseil national de la Conférence de direction des femmes religieuses» (Leadership Conference of Women Religious, LCWR) leur absence de soutien aux enseignements de l'Église bannissant l'ordination des femmes et l'homosexualité, ainsi que leur silence sur l'avortement ou l'euthanasie.

Les sœurs de leur côté estiment avoir le droit d'exprimer des positions libérales qui ne sont pas dans la ligne d'un Vatican jugé trop rigide et inattentif aux évolutions des mœurs. Les Franciscains des Etats-Unis (1.250 prêtres et moines) avaient apporté leur «solidarité» à la LCWR, jugeant «excessifs» le «ton et l'orientation» du Vatican.

Selon le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, la rencontre d'explication «a permis à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) et aux responsables de la LCWR de discuter des préoccupations soulevées par l'évaluation doctrinale (du Vatican) dans une atmosphère d'ouverture et de cordialité».

«En vertu du droit canon», la LCWR «est constituée par et reste sous la direction suprême du Saint-Siège», a rappelé le porte-parole, dans une réaffirmation du devoir d'obéissance.

La LCWR n'avait pas réagi de son côté.

Le Vatican entend «assister la LCWR dans l'importante mission de promouvoir une vision de communion ecclésiale fondée sur les enseignements de l'Eglise (...) fidèlement enseignés à travers les âges sous la direction du magistère», a-t-il insisté.

Mi-avril, la CDF avait appelé à une réforme de la LCWR, qui compte 1.500 déléguées pour environ 57.000 religieuses (la plus grande organisation représentant des religieuses aux États-Unis). La LCWR avait répondu vertement début juin aux critiques, dénonçant «un processus vicié manquant de transparence».

Dans son document d'avril, la CDF avait bien fait la distinction entre l'apostolat des sœurs (pauvreté, exclusion, etc) et les positions non orthodoxes de la LCWR. Il critiquait aussi le fait que celle-ci laisse s'exprimer dans ses conférences des personnalités qui battent en brèche l'autorité de l'Église.

Des sœurs qui ont une grande liberté de parole

L'affaire est symptomatique d'une Église américaine très engagée sur les terrains sociaux et éducatifs, avec des sœurs qui ont suivi les recommandations de l'Église d'après-concile en se formant dans des disciplines jadis généralement réservées aux seuls hommes dans l'institution (conseil conjugal, psychologie, etc.).

Elles ont acquis une grande liberté de parole sur des questions comme la contraception et l'homosexualité. Il y a quelques jours, le Vatican avait condamné durement un livre d'une religieuse américaine, Soeur Margaret A. Farley, justifiant les unions homosexuelles, la masturbation et le divorce.

Faisant allusion à toutes ces dissensions, Benoît XVI avait lui-même déclaré en mai que le contenu de l'enseignement des matières religieuses devait toujours être validé par l'autorité ecclésiale. (afp)

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