Orchestre de la Suisse romande: Le Vaudois Ernest Ansermet est né il y a 125 ans
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Orchestre de la Suisse romandeLe Vaudois Ernest Ansermet est né il y a 125 ans

Le Vaudois Ernest Ansermet fut l'un des plus grands chefs d'orchestre du 20e siècle.

Né il y aura 125 ans le 11 novembre, le fondateur de l'Orchestre de la Suisse romande (OSR) a défendu la musique tonale et les compositeurs de son temps.

«C'était un musicien remarquable. Il avait une stature exceptionnelle à l'égale de celle du chef allemand Furtwängler», résume à l'ATS l'ancien directeur du Conservatoire de Lausanne Jean-Jacques Rapin.

Ce dernier a bien connu Ernest Ansermet. Il le croise une première fois quand il intègre le Choeur des jeunes de Lausanne qui à l'époque chante dans l'oratorio «Le Roi David» d'Arthur Honegger.

Plus tard, l'illustre chef donne de son temps au jeune musicien qui se prépare à diriger l'opéra «Orphée et Eurydice» de Gluck au Théâtre du Jorat à Mézières (VD). Cela marque le début d'une estime indéfectible.

«Il était une figure tutélaire, capable de jouer Bach aussi bien qu'Honegger, se souvient-il. Nous allions aux concerts d'abonnement comme à l'église.»

Pas de successeur

Ansermet n'a pas eu de successeur, estime-t-il, parce qu'une personnalité de ce type est unique. Unique notamment pour son ouverture car le chef a fait connaître aux Suisses les oeuvres de Debussy, Stravinski, Bartók, Honegger ou Hindemith.

Il fonde en 1918 un orchestre qu'il veut romand en dépit des rivalités entre Genève et Lausanne: l'OSR. Sous sa direction, cette formation gagne en notoriété et convainc des générations de mélomanes au gré de tournées en Europe et aux Etats-Unis mais aussi grâce à ses enregistrements.

Homme courageux

Ansermet est aussi un homme moderne. Il figure parmi les premiers chefs à entrer en contact avec la radio, faisant d'elle le principal soutien de son orchestre. Il découvre le disque et sent d'emblée ce qu'il peut en tirer: le Vaudois laisse une discographie aussi importante qu'éclectique.

Ernest Ansermet est également un exemple de courage. Il lui en a fallu pour imposer Stravinski au début de sa carrière et plus tard pour refuser l'atonalité - musique avant-gardiste ou contemporaine - , rappelle M. Rapin.

Héritage musical

«Il prenait ses responsabilités envers ses musiciens et ses auditeurs, refusait de leur donner une musique qui n'a pas de sens. Pour Ansermet, le public a besoin d'un concert de Brahms, pas de musique atonale».

Son éthique lui a donc fait défendre la musique tonale. «C'est cela son héritage», estime M. Rapin. Le message d'Ansermet est simple: «La musique est un phénomène propre à l'homme, il faut avoir confiance et la recevoir, tout simplement.»

Professeur de math

Né le 11 novembre 1883 à Vevey (VD), Ernest Ansermet s'intéresse tôt à la musique. Il étudie cependant pour devenir professeur de mathématiques, métier exercé quelques années. Il revient cependant à la musique qu'il étudie à Paris. Il dirige son premier concert en 1910 à Lausanne.

Durant huit ans, l'impresario Serge de Diaghilev lui confie la direction musicale de spectacles de la troupe qu'il a créée: les Ballets russes. Cela lui vaut une grande notoriété.

Ultime concert

Le Vaudois influence fortement la vie culturelle romande et mène une carrière internationale, en particulier à la tête de l'Orchestre national argentin. Il dirige son ultime concert à Genève en décembre 1968 et décède en février 1969. Il repose au cimetière de Plainpalais.

En plus de sa discographie, il laisse divers écrits. Parmi eux figure «Les fondements de la musique dans la conscience humaine».

(ats)

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