Actualisé 05.04.2020 à 15:15

Coronavirus à Genève

Le virus et la discipline des Genevois vident les parcs

Les autorités redoutaient ce week-end printanier et avaient multiplié les appels au confinement. La population s'est montrée très disciplinée.

de
Jérôme Faas
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Aux Evaux, à Onex, un guitariste joue, seul sur un banc, le long d'un terrain de football fermé.

Aux Evaux, à Onex, un guitariste joue, seul sur un banc, le long d'un terrain de football fermé.

20 Minutes / jef
La police n'a eu à procéder à aucun rappel à l'ordre: le parc était presque vide.

La police n'a eu à procéder à aucun rappel à l'ordre: le parc était presque vide.

20 Minutes / jef
D'ordinaire, à cet endroit des Evaux, barbecues et anniversaires s'entassent les uns sur les autres.

D'ordinaire, à cet endroit des Evaux, barbecues et anniversaires s'entassent les uns sur les autres.

20 Minutes / jef

Cette fois, les Genevois ont compris. Pour ce troisième week-end de semi-confinement, malgré le soleil, malgré la chaleur, la population a déserté les espaces verts. Ce samedi, les forces de l'ordre - aidées par les pompiers volontaires, la protection civile, les samaritains et les gardes de l'environnement - avaient mis sur pied un dispositif sans précédent pour éviter les rassemblements. Les médias avaient été conviés à patrouiller avec la police dans l'immense parc des Evaux, à Onex. Résultat des courses: pas une seule amende, ni même une remontrance. Le parc était désert. Les multiples appels des autorités politiques et sanitaires à rester à la maison pour entraver l'épidémie de coronavirus ont fait leur effet.

Sous la grande tyrolienne de l'accro-branche, à laquelle sont d'ordinaire accrochés des enfants hurlant en fendant l'air mais qui est aujourd'hui silencieuse, le regard embrasse l'étendue verte. Une cinquantaine de personnes, pas plus, sont visibles. Les groupes? Des couples, voire des familles. Seuls les bruits de la nature et du printemps sont audibles. D'ordinaire, pourtant, le parc est bondé. On y rit, on y mange, on y boit, on y danse. Des groupes de latinos y font d'immenses barbecues au son de la salsa, les familles s'y ruent, les anniversaires s'y multiplient, les parties de football sauvage aussi. Et là, le silence.

«Le premier week-end, on hallucinait»

Le week-end dernier, pourtant, les Evaux étaient «un des points chauds» du canton, explique le major Patrick Pulh. C'est du passé. «Regardez, là, il y a deux personnes. On peut penser qu'elles sont ensemble mais elles respectent la distance de deux mètres entre elles», note un agent qui observe un profond changement. «Le premier week-end, on hallucinait. C'était noir de monde, les gens faisaient des barbecues sur les quais, les jeunes jouaient au foot, au basket. Là, quand on intervient, ils sont moins de cinq et gardent leurs distances.»

«Aux douanes, on nous remerciait»

L'enjeu est tel que la population réserve un bon accueil aux forces de l'ordre. «Les gens comprennent bien, constate Patrick Pulh. C'est un peu plus compliqué avec les familles», qui peinent, hors du foyer, à respecter les distances requises. Symbole de cette compréhension populaire, l'attente aux douanes. «Le premier jour de fermeture, à Anières, il s'était formé une queue de plus de deux heures. On pensait que ça allait gueuler, mais pas du tout, les gens nous remerciaient», se remémore un agent.

Motos et drones, les yeux du dispositif

Quarante-cinq minutes sont passées. Les policiers vont quitter les Evaux vides et se redéployer dans d'autres zones du canton. «Si on reste à un endroit, les gens se déplacent ailleurs, c'est le principe. On est mieux à être mobiles», note un inspecteur. Des agents à moto sillonnent par ailleurs Genève pour repérer les éventuels attroupements. Ce sont les yeux du dispositif, au même titre que les drones.

Bertrand, la Grange, Bastions: même combat

Dans les autres lieux d'habitude pris d'assaut par les Genevois, entre 15h30 et 16h15, l'affluence est également très réduite. Ce n'est certes pas le désert onésien, mais aux Bastions comme au parc Bertrand et dans celui de la Grange, aucun groupe de plus de cinq, nombre proscrit par le Conseil fédéral, n'est visible. Les gens sont de sortie mais restent à distance. Et sur les quais, idem: pas une voiture ou presque ne roule, et personne ne s'est assis sur les parterres de gazon. En temps normal, la chose serait angoissante. Aujourd'hui, malheureusement, elle est réjouissante.

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