Danemark: Le virus «mutant» divise les spécialistes
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DanemarkLe virus «mutant» divise les spécialistes

Au Danemark, une version mutée du Covid aurait été transmise à l'homme par des visons. Une annonce «choc» qui fait réagir alors que la situation est déjà anxiogène.

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AFP/20 minutes
Aucune étude scientifique ne démontre à ce stade qu'une des nombreuses mutations du SARS-Cov-2 ait pu modifier sa contagiosité ou sa dangerosité.

Aucune étude scientifique ne démontre à ce stade qu'une des nombreuses mutations du SARS-Cov-2 ait pu modifier sa contagiosité ou sa dangerosité.

Certains animaux peuvent attraper le Covid-19 et les visons peuvent même contaminer l’homme. Mais il n'existe pas de preuve à ce stade que ce saut entre espèces aggrave l'épidémie, selon les scientifiques, prudents mais vigilants après les annonces spectaculaires du Danemark. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a annoncé mercredi l'abattage de la totalité des plus de 15 millions de visons du pays, affirmant qu'une version mutée du SARS-Cov-2 qui pourrait menacer l'efficacité d'un futur vaccin avait été transmise par ces animaux à douze personnes.

L'annonce a fait l'effet d'une bombe dans les médias à travers le monde, dans un climat de grande angoisse face à une pandémie de Covid-19 qui a déjà fait plus de 1,2 million de morts en moins d'un an. Mais de nombreux experts se sont montrés circonspects, s'interrogeant sur la réalité des supposés dangers de cette mutation en l'absence de publication scientifique.

«Faire de la science par communiqués de presse»

«Je souhaiterais vraiment que cette tendance à faire de la science par communiqués de presse cesse. Il n'y a aucune raison que les données génomiques ne puissent pas être partagées pour permettre à la communauté scientifique d'évaluer ces affirmations», a dénoncé sur Twitter Angela Rasmussen, virologue à l'Université de Columbia (New York). Les virus à ARN, comme le coronavirus apparu en Chine fin 2019, mutent tout le temps, sans que cela n’entraîne nécessairement de conséquences significatives. Aucune étude scientifique ne démontre d'ailleurs à ce stade qu'une des nombreuses mutations du SARS-Cov-2 ait pu modifier sa contagiosité ou sa dangerosité.

La contamination de visons n'est pas non plus une nouveauté. Outre le Danemark, de nombreux élevages ont été touchés depuis le mois de juin aux Pays-Bas, aux Etats-Unis ou en Espagne. Et quelques cas d'infections d'êtres humains par des visons ont également été rapportés. Les annonces danoises vont plus loin, décrivant le passage, du vison à l'homme, d'une souche différente du virus.

«Faire un vaccin pour une souche est déjà compliqué»

«D'après les informations des autorités danoises, ce virus n'est pas plus pathogène ni plus virulent», indique Gilles Salvat, expert de l'agence sanitaire française Anses. Mais la crainte est qu'il «émerge comme second virus dominant dans la population (...). Faire un vaccin pour une souche est déjà compliqué, si on doit en faire contre deux, quatre ou six souches, c'est encore plus compliqué», poursuit le spécialiste, qualifiant ainsi de «précaution» la décision d'abattage des visons.

«Cette mesure est entièrement justifiable d'un point de vue sanitaire pour éliminer une source de transmission du virus conséquente», renchérit le Pr François Balloux, de l'University College de Londres. Mais «évoquer le risque que les visons pourraient générer une seconde pandémie paraît excessif et contre-productif dans le climat anxiogène actuel», indique-t-il, notant que des mutations similaires existent déjà dans la population sans s'être répandues.

Outre les visons, des cas de contaminations par le virus du Covid-19 ont été recensés chez d'autres carnivores: surtout des chats, mais aussi des chiens et même des tigres et des lions d'un zoo de New York. A ce stade, «le risque d'une propagation du Covid-19 des animaux aux hommes est considéré comme très faible», estiment toutefois les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

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