Actualisé 04.03.2013 à 14:37

NigeriaLe vol de pétrole a atteint des sommets

Le géant pétrolier Shell a dénoncé lundi le sabotage d'un de ses plus importants oléoducs au Nigeria et appelé les autorités à prendre des mesures.

«Nous avons observé une augmentation significative des vols de pétrole brut», a déclaré Mutiu Sunmonu, le directeur général de SDPC, la filiale nigériane de Shell, dans un communiqué.

«La situation de ces dernières semaines est sans précédent. Le volume dérobé est à son plus haut niveau depuis trois ans - plus de 60'000 barils par jour rien que pour Shell», a-t-il ajouté.

Le vol de pétrole représente une perte de six milliards de dollars par an pour le Nigeria, premier producteur de brut du continent africain avec environ deux millions de barils par jour, et le sabotage des oléoducs engendre l'écoulement de nappes de pétrole, causant une pollution très importante.

Baisse de production

Selon l'entreprise anglo-hollandaise, le plus gros producteur de pétrole au Nigeria, l'oléoduc-clé de Nembe Creek situé dans le sud du pays, a été attaqué à plusieurs reprises entre le 22 et le 25 février, causant une baisse de production temporaire de 150'000 barils par jour.

«Il est très clair pour moi qu'il ne s'agit pas juste d'un acte désespéré causé par des individus voulant gagner leur vie», a estimé M. Sunmonu.

«Il s'agit certainement d'une activité criminelle très organisée, dans laquelle des consortiums internationaux sont probablement impliqués», a-t-il ajouté, précisant que l'entreprise n'exclut pas de fermer l'oléoduc si les attaques se poursuivent.

Pour l'instant, selon l'entreprise, l'activité a repris sur cet oléoduc, mais le danger de nouveaux actes de sabotage n'est pas écarté.

Gros frais

En 2010, selon Shell, le remplacement de l'oléoduc endommagé a coûté un milliard de dollars à l'entreprise, et ce nouveau pipe-line a déjà été la cible de voleurs de brut à plusieurs reprises.

«Des efforts sont nécessaires et doivent être faits de concert au niveau local, national et international» pour venir à bout de ces vols et sabotages, a déclaré M. Sunmonu.

En 2009, une baisse des violences avait été observée après une amnistie signée avec des militants réclamant une meilleure répartition des revenus du pétrole, dans la région pétrolifère du Delta du Niger (sud), mais les activités criminelles sont de nouveau en hausse dans cette région.

Alors que Shell considère que la majeure partie de la pollution pétrolière est due au sabotage d'oléoducs, les militants pensent que l'entreprise ne prend pas assez de mesures pour prévenir le déversement accidentel de nappes de pétrole et ne fait pas assez d'efforts pour nettoyer les dommages causés. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!