RDC - Le volcan Nyiragongo n’était plus surveillé depuis sept mois
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RDCLe volcan Nyiragongo n’était plus surveillé depuis sept mois

Samedi soir, le volcan Nyiragongo est entré en éruption. Faute de moyens financiers, il n’était plus surveillé depuis l’an passé.

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Un lac de lave est réapparu dans le cratère du volcan Nyiragongo, sans constituer un danger imminent, quatre mois après l’éruption qui avait causé la mort de 32 personnes dans l’est de la République démocratique du Congo. (Dimanche 26 septembre 2021)

Un lac de lave est réapparu dans le cratère du volcan Nyiragongo, sans constituer un danger imminent, quatre mois après l’éruption qui avait causé la mort de 32 personnes dans l’est de la République démocratique du Congo. (Dimanche 26 septembre 2021)

AFP
Les autorités de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé étudier un «probable retour» des habitants à Goma, évacués le 27 mai dernier par crainte d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo. (Jeudi 3 juin 2021)

Les autorités de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé étudier un «probable retour» des habitants à Goma, évacués le 27 mai dernier par crainte d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo. (Jeudi 3 juin 2021)

AFP
Le volcan reste actif et les autorités craignent une «éruption limnique». Si de la lave s'écoule sous le lac Kivu, il y aura assurément des milliers de victimes. L'Observatoire de volcanologie de la ville de Goma n'écarte pas ce scénario cauchemardesque. (2 juin 2021)

Le volcan reste actif et les autorités craignent une «éruption limnique». Si de la lave s'écoule sous le lac Kivu, il y aura assurément des milliers de victimes. L'Observatoire de volcanologie de la ville de Goma n'écarte pas ce scénario cauchemardesque. (2 juin 2021)

AFP

Le volcan Nyiragongo, entré en éruption samedi soir dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), n’était plus surveillé depuis sept mois, faute de financements pour soutenir l’Observatoire de volcanologie locale, a rapporté la radio onusienne Okapi.

«Pendant sept mois, soit depuis octobre 2020 jusqu’à avril 2021, le volcan Nyiragongo n’a pas été surveillé, l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG) n’ayant plus d’appui du gouvernement central ni des bailleurs extérieurs», a indiqué la radio, citant le directeur scientifique de cet organisme.

«Beaucoup de dégâts matériels»

«Le volcan est entré en éruption samedi vers 18h30 locales sur le flanc. Une coulée a coupé la route pour se diriger vers le Rwanda. Une autre coulée s’est dirigée vers le sud-ouest, vers Goma», a résumé Kasereka Mahinda, interrogé sur Okapi.

«Il y a beaucoup de dégâts matériels (…), il y a de nombreux tremblements de terre. Le volcan est encore actif, cela appelle notre vigilance. (…) Les populations peuvent retourner» chez elles, sauf dans les quartiers proches de la coulée, a-t-il déclaré.

«Pas de données en temps réel»

Interrogé sur la soudaineté de l’éruption, Kasereka Mahinda a alors expliqué: «Un projet de financement de la Banque Mondiale s’est arrêté en juin (…) à partir d’octobre, nous n’avons plus eu d’Internet jusqu’en avril». «Pendant tout ce temps, nous n’avions pas de données en temps réel, il n’y avait pas de frais de fonctionnement», a-t-il regretté, le budget de Kinshasa «ne nous arrivait pas».

Le rétablissement d’Internet en mai, grâce à un partenaire américain, a «permis de collecter de nouveau des données» et «d’enregistrer de nouveau des signaux d’alerte». «Nous avons compris qu’il fallait suivre la situation avec attention», avant d’être «malheureusement» surpris par l’éruption de samedi soir.

La coulée s’arrête à l’entrée de Goma

À quelques centaines de mètres à peine: la coulée de lave descendue des flancs du volcan Nyiragongo, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), s’est immobilisée dimanche dans les faubourgs de Goma, épargnant de justesse la ville où les habitants s’inquiétaient toujours d’une possible reprise de l’éruption.

L’immense coulée de lave a cessé sa progression dans le courant de la nuit pour s’arrêter dans le faubourg de Buhene, qui marque la limite nord-est de Goma. «Les laves se sont arrêtées vers Buhene, en périphérie de Goma, (…) la ville a été épargnée», a déclaré dans la matinée le gouverneur militaire de la province, le général Constant Ndima, dans une courte adresse à la population.

Du feu et de fortes émanations se dégageaient du front de lave rocheux, noirâtre et toujours instable. De nombreuses habitations ont été englouties par la lave, semblable à un énorme chewing-gum de réglisse avalant tout sur son passage, et large de plusieurs centaines de mètres.

Le réveil du volcan a surpris la population.

Le réveil du volcan a surpris la population.

Reuters

«Peut-être il y a aussi des morts, on ne sait pas»

La lave a stoppé sa progression à quelques encablures de l’aéroport de Goma. «Ce matin nous avons vu que tout le quartier est parti en fumée, le feu est descendu jusqu’ici à partir du territoire de Nyiragongo», a témoigné sur place une habitante, Irene Bauma.

«Il y a des gens qui ont perdu des biens, peut-être il y a aussi des morts, on ne sait pas», a confié le propriétaire d’un commerce épargné, Kambere Ombeni, appelant le gouvernement à «venir en aide aux rescapés».

«Cinq personnes ont été tuées dans des accidents lors des déplacements de population», selon le général Ndima. «Plusieurs vols dans des boutiques et une tentative d’évasion de prisonniers» ont été enregistrés, mais «la situation est maîtrisée».

L’un des plus dangereux

Situé près de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), le Nyiragongo, entré en éruption samedi, est le volcan le plus actif d’Afrique et est considéré par les spécialistes comme l’un des plus dangereux.

Ce stratovolcan qui a fasciné des générations entières de volcanologues est, avec le Nyamuragira, l’un des deux volcans encore en activité de la chaîne des Virunga, dans ce pays d’Afrique centrale. Il se situe dans la région très peuplée de Goma et constitue une menace pour environ 1,5 million d’habitants.

Culminant à 3470 mètres, il est connu pour abriter le plus grand lac de lave quasiment permanent au monde dont le niveau monte et redescend de temps à autre. Sa dangerosité tient au fait que ses coulées de lave sont extrêmement rapides, pouvant dévaler une pente à 100 km/heure. Sa dernière éruption remontait au 17 janvier 2002. Le volcan avait alors craché un nuage de cendres de 3 km de haut et déversé entre 15 et 25 millions de mètres cubes de lave sur la ville de Goma.

(AFP)

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