Actualisé 04.08.2009 à 20:21

Clinton en Corée du NordLe voyage de Bill Clinton met Washington en position délicate

La mission surprise de Bill Clinton en Corée du Nord s'apparente à un champ de mines diplomatique pour la Maison Blanche qui a démenti que l'ancien président soit porteur d'un message de Barack Obama à son homologue nord-coréen Kim Jong-Il.

La Maison Blanche a insisté sur le fait que la visite de Bill Clinton était une mission humanitaire d'ordre purement privée destinée à garantir la libération des deux journalistes américaines, Laura Ling et Euna Lee.

Mais la visite de Clinton pourrait permettre de faire baisser la tension entre les Etats-Unis et la Corée du Nord et d'offrir un rare aperçu de l'état d'esprit et de la santé de son dirigeant, Kim Jong-Il.

Les images de la télévision d'Etat nord-coréenne montrent Clinton au côté de M. Kim, 67 ans, dont la santé a fait l'objet de nombreuses spéculations.

La Maison Blanche a démenti que l'ex-président américain soit porteur d'un message de M. Obama adressé à Kim Jong-Il, comme l'avaient affirmé peu avant les médias d'Etat nord-coréens.

«Ce n'est pas vrai», a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, qui avait fait diffuser un communiqué avant la rencontre entre les deux hommes pour indiquer que la Maison Blanche ne ferait pas de commentaires sur l'initiative «purement privée» de M. Clinton.

«Nous ne voulons pas risquer de compromettre le succès de la mission de l'ancien président Clinton», avait précisé M. Gibbs.

Néanmoins, selon le site internet d'analyse politique Politico.com, citant une source non identifiée, la Maison Blanche avait avalisé la mission, planifiée secrètement depuis des semaines.

Les familles des deux reporters auraient pris contact avec l'ancien président après avoir appris du gouvernement nord-coréen qu'il libérerait les deux femmes si Bill Clinton venait sur place, d'après Politico.

La mission de M. Clinton met la Maison Blanche dans une situation délicate, dans la mesure où elle tente de concilier la volonté d'Obama de discuter avec Pyongyang avec une réponse dure aux tests nucléaires et tirs de missiles.

La Maison Blanche veut s'assurer que la Corée du Nord ne tire aucun bénéfice de ses essais nucléaires et tirs de missiles et éviter le reproche de vouloir jouer l'apaisement.

«Nous n'allons pas récompenser les provocations et les comportements belliqueux comme cela a été fait dans le passé», avait déclaré M. Obama en juin.

Mais pour John Bolton, ancien «faucon» de l'administration Bush, c'est exactement le résultat atteint par la visite de Clinton.

«Cela s'apparente dangereusement à une négociation avec des terroristes», a dit M. Bolton au sujet de cette visite.

Même s'ils insistent sur le fait que la mission du mari de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton n'a rien d'officiel, les conseillers de M. Obama sont bien conscients que le leader nord-coréen va se servir de cette visite pour en faire un signe de légitimation diplomatique.

La visite de M. Clinton offre aussi à l'administration Obama la perspective d'obtenir des renseignements de première main sur la santé de Kim Jong-Il, ses intentions et la situation politique à Pyongyang.

La visite de l'ex-président intervient moins de deux semaines après que sa femme eût déclaré que Pyongyang n'avait «plus d'amis» pour la protéger de sanctions internationales.

En réponse, Pyongyang avait décrit Mme Clinton comme une écolière «inintelligente» et annoncé la fin de toute discussion sur son désarmement.

(afp)

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