Corée du Sud – Le «webtoon» se décline sous forme de BD en librairie
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Corée du SudLe «webtoon» se décline sous forme de BD en librairie

Né dans l’univers numérique, ce format est en passe de réussir sa migration vers le papier

L’artiste Hongjacga dans un studio de la société à Seongnam, en Corée du Sud, le 1er décembre 2021.

L’artiste Hongjacga dans un studio de la société à Seongnam, en Corée du Sud, le 1er décembre 2021.

REUTERS

C’était un format conçu pour les écrans de téléphone, c’est désormais un segment à part entière de bande dessinée dans les librairies: le «webtoon», né en Corée du Sud, secoue les canons du genre.

Le nom anglais de ce phénomène est la contraction de «web», l’autre nom d’internet, et «cartoon», dessin animé. Ces BD se lisent de haut en bas, en faisant défiler les cases comme son fil Facebook ou Twitter.

«Les Coréens partaient de zéro dans la BD. Avant d’arriver à ce qu’on connaît aujourd’hui, ils ont expérimenté: les cases de BD animées par exemple. Le ‘webtoon’ était le support parfait pour innover», explique Pascal Lafine, qui a lancé Kbooks, le label de Delcourt dans le «webtoon».

Qu’une maison d’édition de cette envergure ajoute le genre à son catalogue en montre le potentiel.

Success story

Né dans l’univers numérique, le «webtoon» est en train de réussir sa migration vers le papier, alors que la BD franco-belge ou le comic américain n’ont jamais réussi à percer dans le livre électronique.

Il n’est pas resté confiné non plus dans son berceau, la péninsule coréenne.

L’éditeur Hugo BD a publié début janvier le tome I du plus grand succès de l’histoire de la plateforme Webtoon, «Lore Olympus», de la Néo-Zélandaise Rachel Smythe.

On sait peu de choses de cette illustratrice, trentenaire discrète sur sa vie privée.

Adapter sa saga sur papier n’a pas été simple, confiait-elle en juillet à l’hebdomadaire américain Publishers Weekly. «J’adorerais revenir en arrière et redessiner tout. (…) Mais c’est sympa aussi d’avoir décidé de le laisser tel quel», expliquait-elle.

Sa «success story» rappelle un peu celle de la romancière américaine Anna Todd. Cette jeune femme avait écrit sa suite romanesque «After» sur l’application Wattpad, en tapant sur son téléphone portable, avant d’en vendre des millions d’exemplaires imprimés, dans une trentaine de langues.

Cosplay sur TikTok

Naver, le propriétaire de Webtoon, la plateforme sud-coréenne choisie par Rachel Smythe, a justement racheté le Canadien Wattpad en 2021.

«Même si leur histoire et leur trajectoire sont très différentes, des personnes comme Rachel et Anna ont montré qu’elles pouvaient bâtir des communautés de fans mondiales», souligne Ashleigh Gardner, directrice de la publication chez Wattpad.

Hugo BD voulait faire venir la Néo-Zélandaise à Paris lors d’une soirée de lancement mais n’a pas pu, en raison de la crise sanitaire. L’invitation a été maintenue pour les fans, presque exclusivement des filles.

L’éditeur vante en «Lore Olympus» une «série phénomène aux plus de 5 millions de lecteurs». Le succès de cette adaptation de mythes grecs à l’époque d’Instagram se mesure aussi par le nombre de «cosplays» (déguisements inspirés de la fiction) sur TikTok, le réseau préféré des lecteurs cibles.

Mais il devra se confirmer en librairie. Hugo BD, jeune maison d’édition rachetée en 2021 par Glénat, mise beaucoup sur cette série en 188 épisodes, dont elle a remporté les droits devant Delcourt.

Du côté des séries coréennes, les succès en français s’appellent «Solo Leveling» (des romans à l’origine) et «True Beauty» chez Kbooks, ou encore «Bâtard» aux éditions Ki-oon.

«Solo Leveling volume 1, c’est plus de 170’000 exemplaires. Volume 2, plus de 100’000», se félicite Pascal Lafine.

(AFP)

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