Le XV tricolore éjecté de son petit nuage par les Argentins
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Le XV tricolore éjecté de son petit nuage par les Argentins

PARIS - Battu par l'Argentine (12-17) en match d'ouverture de la Coupe du monde, le XV de France s'est mis dans de sales draps pour la suite de la compétition et a surtout fait naître des doutes sur son jeu.

En concurrence avec son tombeur de Saint-Denis ainsi qu'avec l'Irlande pour les deux premières places qualificatives du groupe D, l'équipe de France a déjà grillé son joker et ne maîtrise plus totalement son destin.

Au lendemain de son revers, le pays organisateur ne compte qu'un point -celui de son bonus défensif- contre quatre à l'Argentine alors que l'Irlande a toutes les chances, dimanche, de prendre cinq points (ndlr: en comptant le bonus offensif) en affrontant la très modeste Namibie.

«Ce bonus défensif est une maigre consolation. Souhaitons que ça compte à la sortie. Le challenge est plus beau, on se l'est rendu difficile. Je crois dans ce groupe, on va faire en sorte qu'il relève la tête», a souligné l'entraîneur Bernard Laporte.

La France, qui n'avait jamais perdu un match de poules, ne devra pas perdre, à nouveau, contre l'Irlande dans deux semaines sous peine de quitter le Tournoi dès la fin du premier tour, ce qui constituerait une première dans l'histoire des Français en Coupe du monde.

Mais le succès de l'Argentine dessine aussi un scénario qui verrait les Bleus n'accrocher que la deuxième place du groupe et donc devoir affronter l'épouvantail néo-zélandais en quart de finale, qui plus est à Cardiff. Seul un succès de l'Irlande sur l'Argentine le 30 septembre pourrait sauver la France d'une aussi funeste perspective.

L'inconstance reste décidément un défaut majeur du XV de France. Pourtant, les trois victoires en autant de matches de préparation ne laissaient pas augurer que les Tricolores allaient livrer un de leurs plus mauvais matches, au pire des moments. Au contraire, tout le monde pensait que les hommes de Laporte étaient bien préparés.

Mais vendredi soir inconstance a rimé avec inconsistance. La pression de l'enjeu et de l'événement a mis un voile noir devant les yeux des Tricolores, incapables de s'organiser efficacement et d'être précis. Pourtant, leur pack a été plus conquérant qu'il était permis de le penser.

«C'est une grosse déception, on a pris une grosse claque. On s'était bien préparé pour faire une bonne entrée en Coupe du monde. Peut-être qu'on était sur un nuage, maintenant on est descendu sur terre», a confié le centre Damien Traille. «On a senti qu'on était fébriles, on a fait beaucoup de fautes, des fautes de main qui ont donné des points à l'adversaire.»

Avec l'expérience de leurs cadres, qui tous jouent en France, les Argentins avaient bien préparé leur rencontre. Ils ont remporté une victoire tactique avec une partition simple mais exécutée avec application en multipliant les phases de conservation de ballons et les chandelles hautes pour mettre la pression sur Cédric Heymans, qui jouait son deuxième match international à l'arrière.

Surtout, les Argentins ont mis tous leur allant pour faire déjouer les Français et leur faire rendre de nombreux ballons, dont ils ont fait leurs choux-gras.

«Nous ne sommes pas les meilleurs techniquement, tactiquement et physiquement. Mais le rugby est un jeu qui se joue avec le coeur et la solidarité. C'est plus important que les phases techniques. Aujourd'hui, l'équipe était affamée et avait très envie d'écrire une page de l'histoire du rugby argentin», a commenté Agustin Pichot, le capitaine des Pumas.

«L'Argentine a fait ce qu'il fallait, de notre côté nous n'avons pas su nous dégager de leur emprise collective», a constaté son homologue tricolore Raphaël Ibanez.

Le Quinze de France a un peu plus d'une semaine pour se préparer à rebondir face à la Namibie (ndlr: le 16 septembre à Toulouse), mais aussi deux semaines à ressasser son échec de vendredi avant de défier l'Irlande le 21 septembre, toujours à Saint-Denis.

«J'y crois encore. Ça a été compliqué pour quelques-uns d'entre nous, il faut travailler encore plus dur», a insisté Ibanez. «Le challenge est immense, nous ne sommes pas résignés. J'attends de la solidarité au sein du groupe pour relever un challenge désormais plus compliqué que prévu».

AP

(ap)

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