Préalpes fribourgeoises: L’eau est acheminée dans les alpages par hélicoptère afin d’y abreuver le bétail

Publié

Préalpes fribourgeoisesL’eau est acheminée dans les alpages par hélicoptère afin d’y abreuver le bétail

La sécheresse a gagné certains pâturages difficiles d’accès en Gruyère. Depuis la semaine dernière, on doit ainsi se résoudre à hélitreuiller l’eau nécessaire au ravitaillement des bovins dans certains endroits difficiles d’accès.

par
Marc Fragnière

L’eau se faisant rare sur certains pâturages, c’est par hélicoptère qu’on ravitaille les bovins.

20 minutes/Francisco Costa

Comme en 2003, en 2015 et en 2018, le bal des hélicoptères a repris ses droits en Gruyère. Certaines sources ont tari ou leur faible débit ne permet plus de palier suffisamment les besoins des troupeaux en estivage. Il faut dès lors amener le précieux liquide par les airs, dans des endroits peu carrossables. Tant que les autorités fribourgeoises ne décident pas d’activer un plan cantonal, les premières livraisons sont à la charge des éleveurs. Leur prix s’élève à plusieurs milliers de francs par ravitaillement.

Après ceux de Hochmatt la semaine dernière, c’est au tour des pâturages de Sori, de Charmey, d’Estévenens, de Bellegarde et de Lessoc de se faire ravitailler en eau par le ciel, mercredi et jeudi. «Si la situation perdure, la liste des livraisons va s’allonger, les sociétés privées ne pourront plus suivre et on devra faire appel à l’armée, comme en 2003, 2015 et 2018», a relevé Frédéric Ménétrey, directeur de la Chambre fribourgeoise d’agriculture. En 2018, 422’000 litres d’eau avaient ainsi été acheminés par les airs dans 25 sites difficiles d’accès. Cet effort avait nécessité 350 rotations d’hélicoptères. L’État s’était alors résolu à appeler l’armée à la rescousse.

«On a de gros problèmes d’eau. Cela est dû à la sécheresse et à des sources qui n’ont pas pu atteindre leur niveau habituel. Dès lors, on est obligés de transporter de l’eau afin d’abreuver nos bêtes. Comme pour nous, la soif a une incidence sur leur comportement. Elles témoignent de beaucoup de nervosité. Pour notre part, on peut se dire qu’on boira dans une ou deux heures. Une bête ne le fait pas, elle réagit à l’instinct: soif = boire», a expliqué Ismaël Savoy, garde-génisses du syndicat d’alpage de Chesalles-sur-Oron, alors qu’un hélicoptère de Swisshelicopter le ravitaillait sur son pâturage des Bimis avec de l’eau prélevée à Charmey, la convoyant au moyen d’un bambibucket. «Une génisse consomme entre 70 et 80 litres d’eau par jour, une vache laitière jusqu’à 150», a rappelé la vétérinaire Florence Pipoz, membre de la Société fribourgeoise d’économie alpestre. Alors que le canton de Fribourg compte 50’000 têtes de bétail, les besoins en eau sont colossaux.

Le bétail doit absolument rester en montagne

«C’est important de garder le bétail en montagne puisqu’il y a de l’herbe pour les génisses et les vaches. En plaine, on est en période de récoltes de foin et d’herbe. Avec la sécheresse, les récoltes sont moins importantes. Tout le fourrage qui ne serait pas mangé en montagne le serait en plaine. Et il manquerait pour l’hiver», a expliqué Frédéric Ménétrey. Dès lors, il y aurait un effet domino peu souhaitable. Sans oublier évidemment le rôle de gestion du paysage effectué par les troupeaux. «Effectivement, si l’on ne vient pas sur les alpages en été, les pâturages se referment. La forêt, les ronces et les fougères reviennent et il y a un effet de diminution très nette de la biodiversité», a expliqué celui qui coiffe également la casquette de secrétaire de la Société fribourgeoise d’économie alpestre.

Ne ratez plus aucune info

Pour rester informé(e) sur vos thématiques préférées et ne rien manquer de l’actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour, directement dans votre boîte mail, l’essentiel des infos de la journée.

Ton opinion

33 commentaires