Actualisé 20.12.2009 à 18:35

Egypte/Allemagne

Lebuste de Néfertiti au centre d'une polémique

L'Egypte va demander officiellement le retour du buste de Néfertiti, chef d'oeuvre de l'art pharaonique actuellement exposé dans un musée allemand, a annoncé dimanche au Caire le chef du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.

M. Hawass va «convoquer une réunion extraordinaire pour étudier les formalités afin de demander officiellement le retour de la statue», selon un communiqué publié après des entretiens avec Friederike Seyfried, la directrice du Musée égyptien et de la Collection de papyrus au sein du Neues Museum de Berlin.

Le buste, vieux de quelque 3.400 ans, a été découvert en 1912 dans le sud de l'Egypte par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt. L'Egypte réclame sa restitution depuis les années 1930, sans succès.

M. Hawass affirme qu'après sa découverte, la statue a été recouverte de glaise pour passer inaperçue et envoyée en Allemagne par bateau.

Selon lui, Ludwig Borchardt a délibérément écrit que le buste était en plâtre et celui d'une princesse royale «tout en sachant que c'était une statue en calcaire de la reine Néfertiti.»

Ceci «prouve que Borchardt a fait cette description de manière à ce que l'Allemagne puisse conserver la statue», a indiqué M. Hawass.

«Cela confirme nos informations selon lesquelles la statue a quitté l'Egypte de manière non éthique et qu'il y a eu une fraude et une tromperie de la part de l'Allemagne à cette période», a-t-il ajouté. Le fait que M. Borchardt ait caché la statue pendant dix ans avant de la rendre publique est une autre preuve de sa sortie illégale d'Egypte, a assuré le chef des antiquités égyptiennes.

Berlin soutient au contraire que l'acquisition s'est faite de manière légale en 1913, et insiste sur le danger de tout déplacement imposé à une sculpture «fragile».

Mme Seyfried a notamment présenté le document prouvant selon les autorités allemandes la sortie légale de la statue.

Le buste est exposé depuis le 17 octobre au Neues Museum de Berlin, dans la célèbre «Ile aux musées» de la capitale allemande, où il était apparu pour la première fois au grand public en 1924, avant d'être transféré au Musée égyptien à Berlin-Ouest.

Outre Néfertiti, l'Egypte exige la restitution d'oeuvres comme la célèbre pierre de Rosette, qui permit de percer le mystère des hiéroglyphes, exposée au British Museum de Londres depuis plus de 200 ans.

En octobre, l'Egypte avait obtenu du Louvre la restitution de cinq fragments de peintures murales vieux de plus de 3.000 ans, après avoir annoncé la suspension de sa coopération avec le musée français tant que ces pièces ne seraient pas rendues. (afp)

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