Drogues dures - Légaliser et contrôler: le PLR zurichois se joint aux partisans
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Drogues duresLégaliser et contrôler: le PLR zurichois se joint aux partisans

Le parti va déposer des interventions tant en ville de Zurich qu’au niveau cantonal. Il rejoint une liste des défenseurs de la légalisation qui s’allonge.

Des membres du PS se sont déjà positionnés pour la solution de la légalisation.

Des membres du PS se sont déjà positionnés pour la solution de la légalisation.

Getty Images/iStockphoto

La politique des drogues actuelle ne freine pas la consommation, ne protège pas les mineurs, coûte cher et met les consommateurs en danger: tel est le constat tiré par Marcel Müller, élu PLR au législatif de la ville de Zurich. Il plaide en faveur d’une légalisation des drogues. Et pas seulement du cannabis, mais aussi des substances dîtes dures.

Comme il l’explique à la NZZ, cette légalisation ne devrait pas se faire d’un coup, mais de façon très progressive et contrôlée. Première étape: ne plus criminaliser les «petits consommateurs». En théorie, la loi va déjà dans ce sens. Or dans les faits, il n’y a que pour le cannabis que les textes définissent ce qu’est une «petite quantité».

PS et PLR se rejoignent

Pour les étapes suivantes, l’élu reste flou. «Nous voulons surtout donner une impulsion, et aboutir à une solution complète d’ici dix à quinze ans», ajoute le député PLR zurichois Marc Bourgeois, qui va lui aussi déposer une intervention au Grand Conseil du canton. À terme, les deux membres du PLR imagineraient une procédure où des quantités strictement contrôlées seraient vendues aux clients, et uniquement aux résidents en Suisse.

Le «Tages Anzeiger» relève pour sa part que la proposition n’est pas toute neuve. Plusieurs personnalités, dont l’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss, mais aussi le conseiller fédéral Ignazio Cassis, ont déjà fait part de leur intérêt pour la solution de la légalisation. «Nous sommes heureux que le PLR soutienne enfin une vieille revendication du PS. Nous pouvons maintenant travailler ensemble pour faire pression en faveur de la dépénalisation», s’est réjoui Oliver Heimgartner, coprésident du PS zurichois.

Dépénalisation ou légalisation?

Le journal zurichois rappelle aussi que, à l’international, les expériences menées jusqu’ici s’orientent plutôt vers une dépénalisation, comme au Portugal, plutôt qu’à une légalisation et à une vente contrôlée. Les experts en débattent depuis longtemps.

Interrogé par la NZZ, le professeur de pharmacopsychologie à l’Uni de Zurich Boris Quednow plaide pour une dépénalisation, mais est sceptique quant à la légalisation. Selon lui, les politiques entourant l’alcool et le tabac ne protègent pas non plus les jeunes. La consommation pourrait augmenter, mais surtout, la légalisation ne parviendrait pas forcément à venir à bout du marché noir. Il cite en exemple le Canada, où le cannabis a été légalisé, mais où la substance continue d’être vendue en dehors des circuits légaux.

Aide et conseil en cas d'addiction

Toute personne pensant avoir des problèmes d'addictions ou souhaitant simplement s'informer peut contacter Addiction Suisse:

- par téléphone: 0800 105 105 (gratuit). Du lundi au vendredi de 9h à 12h.

- par internet: Safezone (réponse dans les trois jours ouvrables).

- par courriel: prevention@addictionsuisse.ch (réponse dans les trois jours ouvrables).

- par courrier postal: Addiction Suisse, secteur prévention, CP 870, 1001 Lausanne.

(ywe)

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