Suisse: Légère accélération de la croissance au 1er trimestre

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SuisseLégère accélération de la croissance au 1er trimestre

Le produit intérieur brut (PIB) réel de la Suisse a progressé de 0,3% au 1er trimestre 2017, contre 0,2% lors des trois mois précédents.

La consommation des ménages n'a progressé que de manière faible.

La consommation des ménages n'a progressé que de manière faible.

Keystone

L'économie suisse a enregistré une accélération de sa croissance au 1er trimestre 2017. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3%, une performance néanmoins en dessous des attentes en raison notamment d'un ralentissement de la consommation privée.

Sur un an, la croissance s'est établie à 1,1%, a indiqué jeudi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Pour le quatrième trimestre 2016, la progression a été révisée à 0,2% contre 0,1% précédemment.

Malgré l'accélération qu'elle représente, l'évolution du PIB au 1er trimestre se situe dans le bas de la fourchette des prévisions des analystes consultés par AWP. Pour rappel, pour l'ensemble de l'année 2017, le SECO table sur une croissance du PIB de 1,6%.

La consommation des ménages, qui contribue à hauteur de plus de 60% au PIB, a nettement ralenti au premier trimestre, s'inscrivant à 0,1%, contre 0,9% fin 2016. Le taux atteint entre janvier et mars est largement inférieur à la moyenne pluriannuelle.

L'un des facteurs de ce ralentissement vient du recul de la migration nette, a expliqué à l'ats Eric Scheidegger, chef de la Direction de la politique économique du SECO. Un autre s'explique par l'hiver peu rigoureux qui a touché la Suisse et fait tomber les dépenses en énergie.

S'y ajoute un climat de consommation modéré, selon l'expert de la Confédération. Les consommateurs estiment que le moment n'est ni propice à l'épargne ni aux achats conséquents de biens de longue durée.

Demande intérieure

Les dépenses publiques ont également enregistré une hausse modérée, de 0,4%, après une progression de 0,9%. Les investissements en biens d'équipement sont repartis à la hausse ( 1,7%), dopés par la rubrique recherche et développement. L'évolution va dans le même sens pour la construction, même si elle est plus mesurée ( 0,4).

La demande intérieure finale a finalement contribué de manière positive à la croissance du PIB. Elle a été aussi bien soutenue par la consommation que par les investissements. Les variations de stocks ont en revanche freiné la croissance du PIB.

Le commerce extérieur a en revanche soutenu l'économie helvétique au premier trimestre. Les exportations de marchandises ont augmenté de 3,9%, une hausse supérieure à la moyenne après un trimestre en repli.

Pharma et chimie révélateurs

Les principales impulsions sont venues des produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que du secteur des instruments de précision, horlogerie et bijouterie qui a connu sa plus forte croissance depuis 6 ans. Les exportations de services ont aussi repris leur envol ( 3,2%). Les importations sont en revanche à la baisse (-1,5%).

Au niveau de la production, l'industrie a été le principal moteur de la croissance du 1er trimestre, avec 2,2% pour l'industrie manufacturière et 3,4% dans l'énergie. Les services financiers affichent en revanche un recul - de 1,7% - pour la première fois depuis plusieurs trimestres, note le SECO. Le secteur de l'hébergement et de la restauration est resté stable.

Pour la première fois depuis 13 trimestres, le déflateur du PIB a augmenté en glissement annuel ( 0,8%). Les déflateurs de la consommation privée ( 0,1 %) et des exportations5 ( 1,5 %) sont également repartis à la hausse.

Franc fort dépassé

Les exportations et les investissements montrent que les entreprises souffrent un peu moins du franc fort, estiment les économistes de VP Bank dans un commentaire. Pour l'institut bâlois BAK Basel, l'accélération de la dynamique dans l'industrie manufacturière et les investissements dans les biens d'équipement laissent entrevoir une poursuite de la tendance positive. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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