Actualisé 02.07.2015 à 20:21

Nucléaire iranienLégère avancée avec l'activité des ministres

es négociations sur le nucléaire iranien ont avancé un peu, malgré une intense activité diplomatique à Vienne.

Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif au balcon de son hôtel.

Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif au balcon de son hôtel.

Les ministres de plusieurs pays poursuivent leurs allées et venues, alors que le chef de l'AIEA était reçu jeudi à Téhéran par les autorités iraniennes. «Nous n'y sommes pas encore», a lancé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier. Il s'est demandé si chaque partie aurait suffisamment «de courage et de volonté» pour arracher un compromis historique, toujours introuvable après 20 mois de tractations.

«Nous ne sommes pas encore arrivés au moment d'une percée» dans les négociations, a déclaré de son côté son homologue britannique Philip Hammond.

Auparavant, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait lancé, souriant comme d'habitude: «Je me dois d'espérer». Et le ministre chinois, Wang Yi, a évoqué une «forte possibilité d'accord». Plus tard, le négociateur en chef russe, Sergueï Riabkov, a dit qu'un accord est proche.

Six ministres

Les ministres souhaitent obtenir un accord historique pour placer le programme nucléaire iranien sous étroit contrôle international, en échange d'une levée des sanctions. «Des points ont progressé, d'autres pas encore», a déclaré le Français Laurent Fabius.

Depuis samedi, les chefs de la diplomatie du P5 1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) et de l'Iran font des allers-retours vers la capitale autrichienne, à l'exception de l'Américain John Kerry qui est sur place en continu.

Les négociateurs se sont donné jusqu'au 7 juillet pour parvenir à un accord. Mais la conclusion des négociations, accord ou pas, peut intervenir avant ou après, soulignent les protagonistes.

Parallèlement aux discussions qui ont lieu dans la capitale autrichienne, le chef de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) Yukiya Amano était reçu jeudi à Téhéran. Cette visite est «très importante», a dit la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Rencontre avec Rohani

M. Amano, dont la visite à Téhéran est la quatrième depuis 2012, a rencontré le président iranien Hassan Rohani.

«L'Iran est prêt à parvenir à un accord juste pour résoudre les questions toujours en suspens, dans un temps déterminé et dans le cadre des règlements existants», a dit M. Rohani.

Et le chef de l'AIEA a souligné auparavant dans une rencontre avec un autre haut responsable iranien avoir «fait des propositions pour faire disparaître les obstacles existants (et) accélérer le processus de coopération» entre Téhéran et l'agence onusienne, selon l'agence officielle IRNA.

L'AIEA est appelée à jouer un rôle majeur en cas d'accord entre l'Iran et les grandes puissances, puisqu'elle devra vérifier le respect des engagements pris par Téhéran.

L'agence, qui déploie en moyenne quatre à dix inspecteurs quotidiennement en Iran, a déjà accès aux sites nucléaires. Mais la communauté internationale veut pouvoir renforcer et élargir le périmètre de ses inspections.

Khamenei pas content

La délicate question de la possible dimension militaire (PMD) du programme nucléaire iranien devrait être au coeur des entretiens à Téhéran.

Les demandes de l'AIEA sur cette question se sont heurtées au non catégorique du Guide suprême Ali Khamenei. Mais l'Iran «proposera des solutions pour résoudre les différends», a indiqué l'agence de presse iranienne ISNA, citant une source proche des négociations.

Outre l'inspection des sites iraniens suspects, d'autres questions-clés restent à régler, comme la durée d'un éventuel accord. La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien pendant au moins dix ans.

Divisés sur les sanctions

«Il reste des désaccords substantiels, même à ce stade», a reconnu un diplomate occidental. Il faisait référence à des déclarations d'Ali Khamenei selon lesquelles le Guide refusait ce délai.

La levée des sanctions est un autre point capital non réglé. Téhéran souhaite des mesures immédiates, quand le P5 1 veut une levée progressive et sous condition de ces sanctions.

L'accord reste difficile à sceller en raison du côté extrêmement technique et complexe du dossier, mais aussi du fait de ses potentielles répercussions internationales. Il pourrait consacrer un rapprochement entre les ennemis de 35 ans Etats-Unis et Iran et marquer un renforcement de la position de la République islamique chiite. (ats)

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