Actualisé 20.01.2020 à 17:58

Genève

Pour ses débuts, le Léman Express «est bien parti»

Malgré la grève en France, les exploitants dressent un premier bilan «réjouissant» de la fréquentation, sur le réseau ferroviaire transfrontalier.

de
David Ramseyer

«Le succès est au rendez-vous», ont clamé ce lundi le Canton et les transporteurs, 35 jours après la mise en service du Léman Express. Certes, le recul est insuffisant pour tirer des conclusions définitives, ont-ils concédé. Reste qu'avec une moyenne de 25'000 passagers transportés quotidiennement, dont la moitié provient de l'autre côté de la frontière, c'est un démarrage bien meilleur qu'attendu. Surtout avec le creux des fêtes de fin d'année et une grève des cheminots français toujours d'actualité.

Malgré la poursuite des mouvements sociaux dans l'Hexagone, l'intégralité des lignes sera en service dès mercredi prochain, a promis Lémanis SA, la société commune aux CFF et à la SNCF qui exploite le réseau ferroviaire. Ce n'était jusqu'ici pas le cas pour les liaisons à destination d'Annecy et de Saint-Gervais-les-Bains, en Haute-Savoie.

Pas de gros problème, mais des bugs

«Le bilan est réjouissant», s'est donc félicité le conseiller d'Etat Serge Dal Busco, chargé des infrastructures. «On s'attendait à une progression plus lente du nombre de voyageurs. C'est bien parti pour le Léman Express», a confirmé Mario Werren, directeur général de Lémanis SA. A terme, le RER transfrontalier devrait voir défiler 50'000 voyageurs par jour.

En attendant, le premier mois d'exploitation du Léman Express n'a pas connu de problèmes majeurs, ont assuré le Canton et les exploitants. La ponctualité est globalement bonne, les temps de parcours sont attractifs et «les gens se sont très vite appropriés le réseau», selon Mario Werren. Ce dernier a cependant relevé plusieurs points à améliorer. «Le nombre de rames - et donc de places - a parfois été insuffisant aux heures de pointes, en raison de soucis techniques liés au matériel roulant. Nous nous en excusons.» La planification devrait être meilleure très rapidement, a assuré le patron de la société d'exploitation. Il a aussi déploré - tout comme l'Etat - une signalétique dans les gares et une information aux voyageurs parfois défaillantes.

Quant à savoir si le Léman Express a permis de réduire le trafic automobile au bout du lac, particulièrement des frontaliers, il est bien trop tôt pour le savoir, a souligné Serge Dal Busco. Un nouveau bilan, plus détaillé, devrait être établi avant l'été.

Du monde aussi dans les bus et les trams

Le directeur général des Transports publics genevois (TPG) se veut prudent: "Il est trop tôt pour déduire des tendances lourdes". Mais enfin, Denis Berdoz constate que la fréquentation aux arrêts près des gares du Léman Express est en forte hausse: +32% à Lancy-Pont-Rouge et +27% à Lancy-Bachet, par exemple. Signe, selon le patron de la régie, que les interfaces entre bus, trams et trains répondent à un vrai besoin. Mis en service en parallèle du Léman Express, le nouveau tram 17 entre Lancy et Annemasse (F) a par ailleurs fait le plein, avec 624'056 passagers en 35 jours. C'est désormais la cinquième ligne la plus fréquentée des TPG. Enfin, ces derniers relèvent que le nombre global de voyageurs est resté stable sur leur réseau: il n'y aurait ainsi pas - ou peu - eu de transferts vers le train. Les 25'000 personnes qui prennent quotidiennement le Léman Express seraient donc des usagers supplémentaires de la mobilité douce.

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