Disparition d’Estelle Mouzin en France - L’emploi du temps du tueur au cœur du processus de fouilles
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Disparition d’Estelle Mouzin en FranceL’emploi du temps du tueur au cœur du processus de fouilles

Après trois jours de fouilles dans les Ardennes françaises, le corps d’Estelle Mouzin, disparue en 2003, n’a toujours pas été retrouvé.

Dans la forêt, près du village d'Issancourt-et-Rumel au troisième jour des opérations de recherche des restes de la fillette de neuf ans, Estelle Mouzin, disparue il y a 17 ans.

Dans la forêt, près du village d'Issancourt-et-Rumel au troisième jour des opérations de recherche des restes de la fillette de neuf ans, Estelle Mouzin, disparue il y a 17 ans.

AFP

Fouilles terminées dans les Ardennes

Les fouilles menées depuis lundi dans les Ardennes à la recherche des restes d’Estelle Mouzin ont pris fin jeudi. En début d’après-midi, le dispositif de gendarmerie déployé dans le village d’Issancourt-et-Rummel a été levé, et l’accès au terrain fouillé depuis lundi, dans le bois communal, rouvert. Deux pelleteuses continuaient d’y remettre le sol à niveau depuis la matinée.

Monique Olivier, l’ex-épouse du tueur en série, qui guidait les recherches depuis lundi a pour sa part quitté en début d’après-midi la gendarmerie de Sedan, à une quinzaine de kilomètres, où elle était entendue depuis la matinée, sans déclaration de la part de ses avocats.

L’emploi du temps de Michel Fourniret le 11 janvier 2003 pourrait déterminer l’issue des recherches des restes de la petite Estelle Mouzin, victime présumée du tueur en série, après trois jours de fouilles infructueuses dans les Ardennes françaises. La question est posée inlassablement par les enquêteurs à l’ex-épouse et complice de Fourniret, Monique Olivier, emmenée dans le bois communal d’Issancourt-et-Rumel, et qui guide depuis lundi les nouvelles recherches du corps de la fillette.

«Si Michel Fourniret est resté deux ou trois heures sur place pour faire un trou, ce n’est pas pareil que s’il est resté dix minutes, donc l’emploi du temps est très important à déterminer», a résumé son avocat, Richard Delgenes, confirmant que l’opération n’avait toujours pas «permis de trouver le corps» d’Estelle Mouzin, disparue à neuf ans en 2003. Plusieurs fois dans la journée, Monique Olivier a arpenté, s’arrêtant ici ou là, le chemin au bord duquel elle affirme avoir laissé son ex-mari ce samedi de 2003 pour qu’il fasse disparaître le corps d’Estelle.

Elle était accompagnée de la juge d’instruction Sabine Kheris auprès de laquelle elle a avoué pour la première fois le 1er avril son implication dans la séquestration de l’enfant, enlevée alors qu’elle se rendait à l’école à Guermantes, en région parisienne.

«Minute par minute»

Déjà condamnée en 2008 à la perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 28 ans pour complicité dans quatre des meurtres de son ex-mari, Monique Olivier «ferme les yeux, réfléchit, se remet en situation», décrit son avocat. «On refait l’emploi du temps, le matin. On reprend quand on est allés dans l’hypermarché à côté, minute par minute. Des fois ça bloque, des fois ça revient. Elle est dans cet état d’esprit là. C’est très, très long», détaille-t-il encore.

Sans exclure que «si le corps n’a pas été enterré suffisamment profond», il soit possible «qu’on ne retrouve rien malheureusement». En attendant, le site de fouilles, initialement déboisé en contrebas du chemin, a déjà été partiellement remis à niveau par les pelleteuses. Une dépression, désignée par un voisin en bordure de la zone, a elle aussi été examinée. Monique Olivier en tout cas, «n’a pas de barrière en disant «si je dis quelque chose, ça se retournera contre moi», on a dépassé ce stade-là», assure son avocat, «elle est dans un état d’esprit où elle participe».

De quoi justifier que «les fouilles se poursuivent encore deux jours», car «on est assez persuadé que le corps se situe dans le bois». Michel Fourniret, 78 ans, condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité dans la disparition d’Estelle Mouzin, après avoir été mis en cause par Monique Olivier.

(AFP)

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