Lausanne - L’emploi post-pandémie, entre flexibilité et recrutement virtuel

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LausanneL’emploi post-pandémie, entre flexibilité et recrutement virtuel

Du 4 au 8 octobre, entreprises et start-up sont allées à la rencontre des étudiants de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Rencontre avec les employés de demain.

par
Lauren von Beust

«C’est agréable de revoir des visages!», lâche Frédéric Loutan, conseiller RH à Romandie Energie. «Et c’est important d’être au contact des étudiants qui peuvent devenir nos employés ou clients de demain, d’autant plus après ces presque deux ans, où l’on a un peu perdu ce contact justement.» Pour sa 39e édition, le Forum EPFL a réuni 120 start-up et 160 entreprises au Swiss Convention Center. Entre le 4 et le 8 octobre, celles-ci sont allées à la rencontre des futurs ingénieurs et architectes sur le campus lausannois. L’occasion pour eux de décrocher un stage de fin d’études ou un premier emploi. Un centre de recrutement qui permet de «connecter les gens entre eux», explique Amélie Martin, étudiante en Master de robotique et membre du comité d’organisation du Forum.

Connecter, c’est le mot. Totalement virtuel, le stand d’une société spécialiste des marchés financiers, ne laisse pas indifférent. Un de ses chefs d’équipe a répondu jeudi aux questions des étudiants en direct de Locarno, via Zoom. «On aime bien essayer de nouvelles technologies. Au début, les gens sont un peu étonnés en passant devant ces tablettes, mais une fois que la conversation est lancée, c’est comme si l’on était face à face avec eux», confie-t-il.

Recrutement virtuel

Virgine, par exemple, a vécu un recrutement intégralement à distance. Engagée dans cette entreprise en janvier dernier, cette ingénieure logiciel a passé ses huit premiers mois en télétravail. «Mon premier jour au bureau? C’était le 18 août! Et j’y suis allée deux fois depuis, et ça marche très bien comme ça», déclare-t-elle.

À la Romande Energie, le télétravail était déjà de mise avec la pandémie. Les collaborateurs employés à 100% ont droit à trois jours à domicile. Mais le fournisseur en électricité continue de miser sur le présentiel lors de recrutements. «C’est important pour l’équipe et pour le candidat d’avoir un ressenti, un feeling. Il faut que les gens puissent voir qui on est, ce que l’on fait et puissent visiter les bâtiments, détaille Frédéric Loutan. Durant la crise, on n’a engagé personne que l’on n’ait pas rencontré physiquement.»

La flexibilité, maître-mot

Avec la pandémie, les employés de demain semblent en effet avoir d’autres attentes. «Les modalités de travail ont changé. La flexibilité peut être un facteur décisif dans le choix d’entreprise, et je crois que de plus en plus de gens tiennent compte de ça. On ne recherche plus seulement un emploi en fonction des tâches journalières, mais aussi en fonction de la manière dont on les effectue», développe Virginie.

À la recherche d’un stage dans le domaine de l’énergie, Blanche Brognart, actuellement en deuxième année de master, trouverait en effet pratique de pouvoir allier le présentiel et le distanciel en emploi, car elle tient absolument à conserver «un contact humain», y compris avec ses futurs collègues. «Ce forum nous permet aussi de nous créer un réseau, ce qui peut être très utile pour la suite», glisse-t-elle.

Confiance en l’avenir

Ces jeunes, qui s’estiment «privilégiés» compte tenu du diplôme déjà obtenu, disent ne pas avoir particulièrement peur de ne pas trouver d’emploi en cette période fragilisée par le contexte sanitaire. «On est sur la voie de la reprise, je pense que ça ira de mieux en mieux», lance Andrea Spinella, qui effectue sa dernière année de master en technologie. Spécialisée dans la médecine robotique, Amélie Martin est elle aussi plutôt confiante quant à son avenir.

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