Suisse: L’enfer, ce n’est pas que la chaleur, c’est aussi les voisins

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SuisseL’enfer, ce n’est pas que la chaleur, c’est aussi les voisins

Gérances, assurances et polices constatent que les plaintes augmentent en même temps que les températures, mais le lien de cause à effet n’est probablement qu’indirect.

Ces voisins valaisans se sont donné rendez-vous au tribunal après une altercation en mai.

Un barbecue fumant sur la terrasse, un joint olfactif sur le balcon, la musique à coin dans le salon, et la police qui vient toquer après une plainte des voisins. Le constat est pour tout le monde le même: le nombre de conflits de voisinage augmente constamment et particulièrement pendant l’été ou lors des canicules précoces comme celle que l’on vit actuellement. 

C’est ce que démontre la «SonntagsZeitung» ce dimanche. Un porte-parole de la protection juridique de la Mobilière confirme que les demandes concernant les droits du voisinage «augmentent dès qu’il fait plus chaud dehors». Du côté des polices, toutes celles qui ont été questionnées par le journal zurichois constatent aussi que les interventions pour conflits de voisinage sont plus nombreuses en été.

Pomper l’air

L’an dernier, le constat avait déjà été fait que, en 2020, les confinements avaient donné lieu à des conflits plus fréquents. Il n’était pas tant question de températures, mais de promiscuité: chacun chez soi, dans un environnement toujours plus dense, c’est aussi chacun les uns sur les autres. Un juriste d’une association de locataires dit toutefois que l’été joue son rôle: avec les fenêtres ouvertes, bruits et odeurs sont plus prégnants.

La «SonntagsZeitung» a interrogé la sociologue de l’Université de Zurich Katja Rost. Celle-ci ne tranche pas la question de savoir si ce sont les gens qui sont devenus intolérants, impatients et délateurs; ou si ce sont les autres qui, dans une société individualiste, sont devenus égocentriques au point qu’il n’en ont plus rien à faire de déranger leur prochain et que la vie en société ne les intéresse plus. Elle dit que les conflits naissent surtout parce qu’on touche à un bien commun: l’air. Odeurs, fumée, bruit: pour s’en protéger, pas d’autre choix que de fermer la fenêtre et de subir le repli. «La liberté d’action est ainsi réduite», dit-elle.

Plaintes anticipées

Les plaintes font désormais partie de la vie courante et sont intégrées aux réflexions en amont. Exemple cité par le journal: cet été à Zurich, des établissements avec jardins ou terrasses pourront repousser leur heure de fermeture à 2h du matin au lieu de minuit pendant six soirées. Plus de 150 bistrots ont déjà fait part de leur intérêt pour cette action. Et avant même son entrée en vigueur, Gastro Zurich a indiqué qu’une hotline sera mise sur place pour réceptionner les plaintes et qu’une équipe de sécurité se chargera de traiter celles qui portent sur le bruit.

(ywe)

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