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Equipe de SuisseLéo Lacroix prend toujours son temps

Le défenseur central vaudois a été appelé pour la première fois avec la Nati. Il veut s'y imposer et il le fera comme d'habitude: avec patience.

par
Timothée Guillemin
Budapest
Le Lausannois de 24 ans sera-t-il titulaire vendredi à Budapest? C'est loin d'être sûr. Mais sa présence dans le groupe est déjà un pas dans la bonne direction.

Le Lausannois de 24 ans sera-t-il titulaire vendredi à Budapest? C'est loin d'être sûr. Mais sa présence dans le groupe est déjà un pas dans la bonne direction.

photo: Keystone/Georgios Kefalas

Les critiques, il les a entendues, souvent. Mais il n'a jamais réagi, du moins pas en public. A ses débuts en Super League avec le FC Sion, il n'était de loin pas le joueur qu'il est aujourd'hui. Ses 197 centimètres lui ont joué des tours, lui qui a souvent pu paraître un peu maladroit alors qu'au contraire, il est plutôt à l'aise avec le ballon. Mais il y a ce style, pas forcément le plus élégant, pas forcément celui que les standards du football actuel privilégient.

Alors, il s'est tu, il a travaillé et il a progressé dans tous les domaines. Petit à petit, match après match, saison après saison. Non, Léo Lacroix n'est pas un prodige, lui qui a laissé passer deux ans entre son premier match dans l'élite en 2010 et le deuxième, en 2012. Il a véritablement débarqué en première équipe du FC Sion à 20 ans, à un âge où d'autres sont déjà partis dans des grands championnats. Lui, il a pris son temps.

Il ne parle que sur le terrain, jamais en dehors

Car ainsi est Léo Lacroix, grand défenseur dont la qualité première en dehors du terrain est sans aucun doute l'humilité. Lui qui a grandi dans le quartier de la Blécherette, ce fameux «1018» qui ne l'a pas oublié, est resté fidèle à ses valeurs de jeune footballeur. Après avoir commencé le football au Lausanne-Sport, il en est parti parce que le club ne le faisait pas assez jouer. Direction l'ES Malley, tout près de la maison, puis Sion, après avoir dû un peu insister pour y aller. Toujours, il a voulu jouer au football, en faire sa profession, et il n'a jamais dévié de son objectif initial. Les heures d'entraînement en plus, il les a faites. Et il n'a jamais rien revendiqué. Cet homme-là ne parle que sur le terrain, jamais en dehors.

A Sion, il a franchi les étapes de manière linéaire, devenant titulaire au fil des matches et de la confiance accumulée. Il y a eu des couacs, il y a eu des relances ratées, mais il y a surtout eu une montée en puissance qui a forcé le respect de tous. Ce n'est pas qu'il ne doute pas: c'est qu'il apprend très vite de ses erreurs et fait preuve d'une force de caractère hors norme. Son mental ? Du granit. C'est cette qualité-là qui lui a permis de découvrir le championnat de France à 24 ans, l'âge idéal pour lui. Plus tôt, il n'aurait pas été armé. Plus tard, il aurait perdu son temps.

Il ne marque pas encore assez

Il a un point d'amélioration, encore : le réalisme devant le but. Avec ses 197 centimètres, on attendrait en effet de lui qu'il soit plus décisif sur balle arrêtée, lui qui n'a marqué que trois fois lors de la centaine de matches disputés avec le FC Sion: une fois en championnat, une fois en Coupe de Suisse et une fois en Europa League. Sa dernière réussite a été la plus médiatisée puisqu'elle a permis au club valaisan de s'imposer à Bordeaux en Europa League.

C'est ce but, peut-être, qui lui a ouvert les portes de l'AS Saint-Etienne où là, il n'a pas eu le temps de prendre ses marques. A peine arrivé, il s'est retrouvé titulaire et affublé de grandes responsabilités: l'ASSE a en effet perdu tous ses défenseurs sur blessure, au point que c'est lui, le nouvel arrivé, qui a fait office de patron de la défense lors du derby face à l'Olympique Lyonnais, le match le plus chaud de l'année dans la région. «Je l'ai regardé à la télévision et il a été très bon», a soufflé Vladimir Petkovic, qui n'a pas hésité à l'appeler après le forfait de Johan Djourou.

Le patron de l'équipe nationale va-t-il le titulariser vendredi face à la Hongrie? Jeudi, il a éludé la question: «Mes 21 joueurs sont prêts à jouer.» C'est tout? Oui, c'est tout. Concernant Léo Lacroix, il n'y a jamais de grandes phrases et Vladimir Petkovic sait qu'il n'a pas besoin de motiver son nouveau défenseur avec des paroles. Il suffit de le mettre sur le terrain et là, il fait le boulot. Parce que Léo Lacroix est quelqu'un qui rend la confiance qu'on lui donne. Chaque jour un peu plus.

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