Actualisé 13.03.2013 à 16:01

NeuchâtelLes 22 infirmières licenciées se battent

Elles ont appelé mercredi à Berne à une mobilisation nationale contre la sous-enchère salariale dans le secteur de la santé. Elles ont aussi lancé une pierre dans le jardin des faîtières syndicales.

Les 22 infirmières licenciées par l'Hôpital de La Providence de Neuchâtel ne baissent pas les bras.

Au cours d'un point presse à Berne, elles ont rendu publique la lettre adressée à l'Union syndicale suisse (USS) et à Travail.Suisse. But de la missive: obtenir des deux faîtières syndicales qu'elles lancent leurs forces dans la balance pour soutenir et défendre les employés de la santé contre la sous-enchère salariale et une flexibilité sauvage.

Le texte a été signé par 420 syndicalistes et militants, dont les 116 délégués de l'assemblée du PS à Soleure début mars. Empêchés au dernier moment de participer au point presse, les conseillers nationaux Eric Voruz (PS/VD) et Marina Carobbio (PS/TI) ont également apporté leur soutien à la démarche.

Pas question pour les ex-infirmières de La Providence, et les syndicalistes qui les soutiennent, d'attaquer l'Union syndicale suisse (USS) ou Travail.Suisse, mais elles n'ont pas caché une certaine déception devant la presse.

Appel au secours

La mobilisation populaire est croissante, a expliqué Albert Anor, membre du comité directeur du Syndicat des services publics (SSP) genevois. «Mais les faîtières syndicales sont absentes. Elles n'ont pris aucune initiative pour compléter au niveau national la lutte exemplaire menée par les grévistes de La Providence».

«Ce n'est pas une attaque, mais un appel au secours», a lancé M.Anor. Que le deuxième groupe de cliniques privées de Suisse contourne une CCT avec l'appui du gouvernement cantonal est pour lui l'entrée dans une logique de démantèlement social.

Pour Yasmina Produit du SSP-Neuchâtel aussi, le Conseil d'Etat neuchâtelois a ouvert une voie qui risque de faire boule de neige. Pour Mme Produit, les CCT étaient censées être les mesures d'accompagnement de la libre circulation des personnes avec l'UE et les voilà mises à mal.

Dommages collatéraux

Par bien des aspects, les ex-infirmières de La Providence sont les dommages collatéraux de la concurrence entre le Haut et le Bas du canton: face à une population qui vieillit, il faudra bien avoir un débat de fonds pour tout le secteur sanitaire, EMS y compris, explique en substance Mme Produit.

Selon cette dernière, on ne peut pas tout faire partout, mais cela ne veut pas dire qu'il faille tout concentrer. L'urgence sanitaire au nom de laquelle le Conseil d'Etat a consenti une dérogation à la CCT Santé 21 à Genolier est une brèche dans laquelle le groupe privé s'est engouffré alors même que cette urgence n'a pas été véritablement documentée, de l'avis des infirmières licenciées.

Le groupe Genolier a finalisé la reprise de l'Hôpital de La Providence mi-février; il loue les bâtiments à la fondation de La Providence pour 15 ans. La fondation avait décidé de ne pas prolongé la CCT Santé 21, mais comme le veut le code des obligations, celle-ci reste en vigueur encore un an. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!