Genève: Les 45 millions pour la Nouvelle Comédie votés
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GenèveLes 45 millions pour la Nouvelle Comédie votés

La Nouvelle Comédie devrait naître d'ici 2019. Le parlement a voté le financement manquant pour le réaliser.

Image de synthèse du bureau d'architecte FRES.

Image de synthèse du bureau d'architecte FRES.

photo: Kein Anbieter/© FRES architectes

Quarante-cinq millions de francs. C'est le budget qui a été voté par le Grand Conseil ce vendredi soir pour réaliser la Nouvelle Comédie qui devrait voir le jour d'ici 2019 sur le site de la future gare du CEVA aux Eaux-Vives.

L'avenir de la Nouvelle Comédie était suspendu à cette décision. En effet, la Ville de Genève avait accepté un crédit de 53 millions mais l'avait conditionné au financement cantonal. La construction de la Nouvelle Comédie, devisée à 98 millions de francs, pourra finalement commencer dans les temps pour être intégrée au chantier de la future liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA).

A une condition

Un amendement PLR a toutefois posé une condition au versement de cette somme: la Ville de Genève doit reprendre à sa charge la subvention que le canton verse à la Fondation d'art dramatique (FAD) pour la Comédie, soit 2,45 millions de francs. Il exige aussi que la municipalité assume la hausse des charges liées à la Nouvelle Comédie.

Ce théâtre destiné à la création contemporaine remplacera l'actuelle Comédie qui est vétuste et étriquée. L'édifice comprendra deux salles de 500 et 250 places, des salles de répétition, des ateliers et un restaurant. La Nouvelle Comédie est une des pièces centrales du nouveau quartier qui sera construit autour de la gare du CEVA.

«Un projet mégalo»

Les opposants à cet investissement, soit l'UDC et le MCG, ont principalement invoqué la mauvaise santé financière du canton, qui traîne une dette de plus de 13 milliards, pour empêcher cette dépense. L'accord conclu entre le canton et la Ville qui met à la charge de la municipalité les frais de fonctionnement de la Nouvelle Comédie, soit 15,7 millions par an, ne suffisait pas à leurs yeux.

Au-delà de l'aspect financier, le MCG et l'UDC ont dénoncé un projet qui est destiné à «une petite élite subventionnée». «Ce projet mégalo ne vise que quelques privilégiés», a insisté le MCG Pascal Spuhler. Sans compter que cela fait doublon avec le théâtre de Carouge, a ajouté l'UDC Christo Ivanov.

Une dimension économique

La gauche et le PDC, enthousiasmés par ce projet, ont défendu sa dimension artistique nécessaire au rayonnement de Genève. La Nouvelle Comédie donnera un nouvel élan à la création contemporaine, a relevé Olivier Baud d'Ensemble à Gauche. Le député PDC Olivier Cerutti a insisté sur la dimension économique du projet qui créera de nouveaux emplois dans le quartier.

Le PLR a quant à lui été agacé en commission de devoir se prononcer sur un projet municipal déjà abouti. Le parti a finalement voté pour le crédit de 45 millions après avoir fait passer son amendement. Le crédit a finalement été voté par 58 voix contre 29 (principalement l'UDC et le MCG) et 9 abstentions.

Désenchevêtrer

Le Conseil d'Etat soutenait unanimement le projet de la Nouvelle Comédie. La salle actuelle a besoin d'être remplacée, «sans ce projet on vote la mort d'un théâtre», a relevé la conseillère d'Etat en charge de la culture Anne Emery-Torracinta. Elle a insisté sur un projet urbanistique nécessaire pour la région.

Pour le président du Conseil d'Etat François Longchamp, le projet de la Nouvelle Comédie montre la nécessité de désenchevêtrer les tâches entre les communes et le canton. Il a fait de ce dossier une priorité pour la législature. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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