Vatican: Les abus doivent toujours être dénoncés
Actualisé

VaticanLes abus doivent toujours être dénoncés

Les abus sexuels commis par des prêtres doivent «toujours» être dénoncés aux autorités judiciaires civiles, a souligné lundi le Vatican.

Le pape a été entâché par le scandale des abus sexuels dans l'Eglise catholique.

Le pape a été entâché par le scandale des abus sexuels dans l'Eglise catholique.

Celui-ci a publié sur son site Internet un document résumant les mesures à suivre en matière de lutte contre la pédophilie au sein de l'Eglise catholique.

Les scandales se sont multipliés ces dernières semaines, révélés désormais à un rythme presque quotidien. L'Eglise a été accusée d'avoir gardé le silence, et Benoît XVI d'avoir tardé à réagir lorsqu'il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le Vatican a riposté en dénonçant à l'occasion des célébrations de Pâques une campagne de «diffamation» contre Benoît XVI. Puis en publiant lundi un résumé des procédures à suivre. Non rendues publiques jusqu'à présent, elles avaient été intégrées en 2003 dans un document interne de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a déclaré un porte-parole du Vatican, le père Ciro Benedettini.

Le guide mis en ligne, explique le Vatican, est un résumé destiné aux laïques et aux non-spécialistes du droit canon, la base avec un Motu Proprio (lettre papale) d'avril 2001 pour régler les affaires de pédophilie au sein de l'Eglise.

Ce droit canon -qui régit le gouvernement de l'Eglise et de ses fidèles- ne prescrit en aucun cas le silence sur les abus perpétrés par des prêtres, a souligné lundi Jeffrey Lena, avocat américain du Vatican.

Le diocèse local, selon ce guide, doit enquêter sur «chaque allégation d'abus sexuel commis contre un mineur par un ecclésiastique».

«Si l'allégation semble vraie, le diocèse local transmet toutes les informations nécessaires à la Congrégation pour la doctrine de la foi». Et les «lois civiles concernant le signalement des crimes aux autorités compétentes doivent toujours être suivies», souligne le document du Saint-Siège.

Pendant «l'étape préliminaire» de l'enquête et jusqu'à la conclusion de l'affaire, «l'évêque peut imposer des mesures de précaution pour protéger la communauté, dont les victimes». De fait, «l'évêque local conserve toujours le pouvoir de protéger les enfants en restreignant les activités de tout prêtre de son diocèse».

L'évêque est «encouragé» à mettre en oeuvre ce qui est «nécessaire pour assurer qu'il ne soit pas fait de mal aux enfants». Il peut utiliser ce pouvoir «avant, pendant et après toute procédure canonique».

Dans les «cas très graves, quand un tribunal civil a jugé coupable un ecclésiastique d'abus sexuel sur des mineurs ou quand les preuves sont écrasantes, la Congrégation pour la doctrine de la foi peut décider de transmettre directement le cas au Saint Père et de demander au pape de publier un décret 'ex officio»' destituant le religieux de sa prêtrise. «Il n'y a pas d'appel contre un tel décret papal», note le Vatican.

Le document «confirme ce que l'on savait depuis longtemps, quand les autorités civiles obligent à signaler (un abus), les évêques, comme tout le monde, ont l'obligation d'examiner la loi et de décider de ce qu'il faut faire pour y obéir», a déclaré Jeffrey Lena.

Appelée à l'origine «Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle», la Congrégation pour la Doctrine de la Foi fut fondée par Paul III avec la Constitution du 21 juillet 1542, pour défendre l'Eglise contre les hérésies.

En 1967, Paul VI en a redéfini les compétences et lui a donné son nom actuel. La «tâche propre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est de promouvoir et de protéger la doctrine et les moeurs conformes à la foi dans tout le monde catholique: tout ce qui, de quelque manière, concerne ce domaine relève donc de sa compétence».

Sur Internet

(ap)

Ton opinion