Actualisé 24.03.2016 à 11:58

IslamismeLes académiciens Nobel soutiennent Rushdie

Il aura fallu près de trois décennies pour que l'Académie suédoise dénonce la fatwa visant l'écrivain britannique Salman Rushdie.

L'imam Khomeiny - guide suprême de la révolution islamique iranienne - avait prononcé à l'encontre de Salman Rushdie, en 1989, une fatwa le condamnant à mort.

L'imam Khomeiny - guide suprême de la révolution islamique iranienne - avait prononcé à l'encontre de Salman Rushdie, en 1989, une fatwa le condamnant à mort.

photo: Keystone

Auteur des «Versets sataniques», Salman Rushdie est honni des islamistes.

Dans une tribune publiée jeudi par le quotidien Dagens Nyheter, l'Académie pourfend «une condamnation à mort prononcée pour châtier une création littéraire».

«L'indépendance de la littérature vis-à-vis du contrôle politique est impérieuse pour la civilisation et doit être préservée des attaques des partisans de la vengeance et de la censure», écrit son secrétaire perpétuel, Tomas Riad.

C'est au nom de ce même principe d'indépendance que les académiciens s'étaient abstenus de prendre position sur l'affaire Rushdie en 1989, déchirés entre tenants d'un soutien franc à l'écrivain et garants de la neutralité du cénacle.

Récompense augmentée

L'auteur d'origine indienne était devenu l'ennemi désigné des musulmans fondamentalistes en mettant en scène dans ses «Versets» des prostituées rêvant qu'elles étaient les femmes du prophète Mahomet.

L'imam Khomeiny, guide suprême de la révolution islamique iranienne, a prononcé à son encontre le 14 février 1989 une fatwa le condamnant à mort.

Trois des membres de l'Académie suédoise indignés par son silence, Kerstin Ekman, Lars Gyllensten puis Werner Aspenström, en avaient quitté les bancs, sans cependant être autorisés à démissionner, ses statuts ne le permettant pas.

L'académie, dont la composition a été très largement renouvelée depuis, s'est décidée à prendre position après que la somme offerte pour l'assassinat de Rushdie eut été augmentée fin février par une quarantaine de médias iraniens, a justifié Tomas Riad.

«Crime contre le droit»

Ce linguiste d'origine égyptienne fustige «un crime contre le droit international (...) incompatible avec le processus de normalisation» engagé par Téhéran et les puissances occidentales.

L'académie n'a pas été épargnée par les polémiques par le passé, d'aucuns l'accusant d'avoir porté maints coups de canif au testament d'Alfred Nobel qui entendait récompenser «l'idéalisme».

Les dernières controverses en date concernent l'attribution du prix au Chinois Mo Yan en 2012, jugé par ses détracteurs trop complaisant avec Pékin, et celui décerné l'an dernier à la Bélarusse Svetlana Alexievitch, qui n'a de cesse de dénoncer le «bellicisme» et le «nationalisme» de la Russie. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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