Genève: Les accusés géorgiens se marrent
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GenèveLes accusés géorgiens se marrent

Quatre des dix Géorgiens accusés de cambriolage au profit d'une organisation criminelle ont comparu ce matin. L'ambiance est presque à la fête...

par
Shahïn Ammane
Le procès du «gang des Géorgiens» en est à son deuxième jour.

Le procès du «gang des Géorgiens» en est à son deuxième jour.

«Je vais tout vous avouer». A cette annonce du présumé chef du gang des Georgiens, l'audience du la Cour correctionnelle retient son souffle. Pour rien. Aux premiers mots de K. ses coaccusés, assis à ses côtés, pouffent de rire et se lancent des regards amusés. Car K. présente un papier de la morgue indiquant que le corps d'un des ses compatriotes a été rapatrié de Suisse au pays. L'opération a coûté quelque 10000fr. «C'est pour cette raison que nous nous retrouvions avec certains des accusés, lance-t-il encore aux juges. Si je n'en ai pas parlé plus tôt, c'était pour respecter la paix des morts.» Rires bruyants à nouveau dans la salle.

Car selon l'accusation, ces rencontres servaient à récolter l'argent des différents voleurs pour alimenter les caisses de l'organisation. Et ainsi subvenir aux besoins des prisonniers. «C'est vrai que j'ai reversé de l'argent sur le compte de détenus, avoue K. mais cela venait de ma poche». Des criminels, ces hommes n'en seraient pas. A les entendre, la vie n'a pas été tendre avec eux. Malgré cela, ils viennent en aide à la veuve et à l'orphelin restés au pays.

«Je veux bien que vous nous racontiez des histoires»

Le substitut du procureur Yves Bertossa n'est pas dupe. «Monsieur K, vous avez déjà été condamné à 17 reprises pour des vols commis en France et en Suisse, vous portez sept alias et 38 Géorgiens connus des services de police ont votre numéro de téléphone dans leur base de données». K. fait silence: «Je changerais volontiers de vie».

Les accusés se parlent

Durant les débats, le banc des accusés ne reste jamais silencieux. Les interprètes traduisent, les inculpés se parlent. Mais lorsque l'un d'eux se retrouve à la barre, c'est la même rengaine. Toxicos, ils ont tous volé pour payer leur drogue. Ils ne se connaissent que de très loin (même lorsque les rapports de police montrent qu'ils se sont appelés plusieurs centaines de fois). Certains ont été condamnés en France, d'autres ont appris le métier en Suisse. Mais tous promettent qu'on les y reprendra plus.

Les débats reprenaient à 15h.

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