Actualisé 03.06.2020 à 15:15

Climat

Les activistes dénoncent une «répression politique»

Les activistes du climat ont adressé une lettre ouverte aux autorités vaudoises dans laquelle ils estiment que le monde politique et judiciaire interfère avec les décisions de la justice.

La conférence de presse s’est tenue au pavillon du Théâtre de Vidy.

La conférence de presse s’est tenue au pavillon du Théâtre de Vidy.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Des activistes climatiques dénoncent une certaine «répression politique» dont ils sont les victimes. Ils viennent d’adresser une lettre ouverte aux autorités vaudoises et lausannoises.

Au lieu de jouer un rôle d’arbitre, «le monde politique et judiciaire interfère» avec les décisions de justice, a expliqué mercredi Gary Domeniconi, membre de la Grève du Climat Vaud. Il en veut pour preuve l’appel du procureur général après l’acquittement, à Renens, des militants qui avaient pénétré dans une filiale de Credit Suisse. La banque elle-même avait renoncé à recourir.

Dominique Bourg, professeur honoraire de l’Université de Lausanne, observe également «une volonté de criminaliser la protestation d’une jeunesse qui veut simplement pouvoir continuer à vivre correctement». Il rappelle que les effets du réchauffement climatique sont bien documentés et qu’il y a urgence à agir.

Pas une solution

La désobéissance civile n’est pas une fin en soi. Il faut trouver d’autres voies et renouer le dialogue entre la société civile et le monde politique, ajoute Me Christian Bettex, ancien bâtonnier. Mais la criminalisation des militants est «vouée à l’échec».

Si les quelque 200 activistes dans l’attente d’un jugement sont condamnés à 20 jours-amende et décident de purger leur peine en prison, cela reviendrait à occuper une cellule pendant presque 11 ans, a-t-il calculé. «Ce n’est pas une solution», dit-il.

Fonctionnaires engagés

Dans une lettre ouverte, Extinction Rebellion, la Grève du climat et Lausanne Action Climat demandent aux autorités d’écouter la communauté scientifique et de prendre des mesures pour ne pas poursuivre les personnes qui s’engagent en faveur du climat. Ils veulent aussi qu’ils garantissent, en tant qu’employeurs, «la liberté politique et de manifester de vos collaborateurs».

(ATS/NXP)

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