Violence: Les jeunes LGBT souffrent plus que les autres

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VaudLes ados non hétéros souffrent plus que les autres

Une étude vaudoise montre que les jeunes LGBT sont davantage la cible de violences que leurs pairs, ce qui péjore leur état de santé.

Mardi, l’association Vogay et Unisanté ont présenté les résultats d’une étude réalisée auprès des jeunes en deuxième année de formation postobligatoire. Il en ressort notamment que les jeunes LGBT sont davantage concernés que les jeunes hétérosexuels par différentes problématiques (violence, harcèlement, ou problèmes de santé). Ces analyses se fondent sur les réponses de 1817 Vaudois.

Quatre fois plus de risques d’agression sexuelle

Les jeunes non exclusivement hétérosexuels (non HET) représentent un répondant sur six. Les jeunes femmes non HET ont quatre fois plus de risques que les autres d’avoir été victimes d’une agression sexuelle durant les trente derniers mois. Les jeunes hommes non HET ont, quant à eux, quatre fois et demie plus de risques que les autres d’avoir été cibles de harcèlement ou intimidation durant la dernière année.

Des jeunes LGBTQ ont témoigné autour d’une table ronde avec la Dre Caroline Dayer (au centre).

Des jeunes LGBTQ ont témoigné autour d’une table ronde avec la Dre Caroline Dayer (au centre).

@Vogay/vidéo sur YouTube

Face au manque de représentation, on doit faire des coming out tous les jours

Jeunes LGBTQ

Concernant l’identité de genre, 1,3% des répondants s’identifient comme non-cisgenres (leur genre ne correspond pas à leur sexe). Parmi ces personnes, 15% rapportent avoir été victimes de harcèlement de manière hebdomadaire durant la dernière année (contre 9% chez les autres répondants). Les jeunes non HET ou non cisgenres sont respectivement deux et trois fois plus nombreux que les autres à être en mauvaise santé générale.

«Ces chiffres inédits en Suisse confirment une situation préoccupante», estime Vogay. Pour sa part, le Canton souligne: «La nécessité de poursuivre le déploiement du plan de prévention et traitement de l’homophobie et de la transphobie dans les lieux de formation. Les jeunes LGBTIQ doivent pouvoir évoluer dans des environnements scolaires, extrascolaires et familiaux favorables à leur autodétermination

En outre, une série de vidéos ont été tournées pour sensibiliser un large public aux enjeux soulevés par l’étude.

Augmentation des annonces de crimes

À l’occasion de la Journée internationale contre l’hostilité envers les personnes LGBTI, l’Organisation suisse des lesbiennes (LOS), Transgender Network Switzerland (TGNS) et Pink Cross ont publié, ce mardi, un nouveau rapport sur les crimes de haine. Il met en avant que la votation sur le mariage civil pour toutes et tous a apporté plus de visibilité aux personnes lesbiennes, bisexuelles et gays, mais pas plus de sécurité pour la communauté queer.

Corollaire, en 2021 la LGBT+ Helpline a enregistré 92 cas de crimes de haine anti-LGBTQ, soit 50% de plus qu’en 2020. Le phénomène est particulièrement frappant pour les crimes de haine transphobe, qui ont très fortement pris l’ascenseur. Ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg. La revendication des organisations faîtières LGBT pour un recensement des cas au niveau national est plus actuelle que jamais.

Soucis liés à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre?

  • LGBT+ helpline (lu-je 19-21h): 0800 133 133

  • Fondation Agnodice : jeunes trans* et non binaires (-18 ans) : 079 855 78 42

  • Vogay, Ligne Accueil & Écoute : jeunes LGBTIQ+ : 021 555 20 10

  • Checkpoint PROFA, pôle trans : personnes trans* et non binaires (+ de 18 ans) : 021 631 01 77

  • La Main Tendue (adultes, 24/7): 143

  • Pro Juventute (jeunes, 24/7): 147

  • Police: 117

(XFZ/BAO/JMB)

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