Actualisé 17.12.2008 à 11:17

InjusticeLes agnostiques doivent-ils financer l'Église ?

Les Eglises réformées vivent essentiellement grâce aux contribuables. Tous n'en étant toutefois pas membre, ces communautés religieuses bénéficient d'un traitement de faveur.

Un chercheur propose un nouveau modèle de financement.

Tous les contribuables - agnostiques et appartenant à d'autres communautés religieuses - participent au financement de l'Eglise chrétienne. «Cette pratique est en contradiction avec les tendances pluralistes existantes dans la société», estime le théologien et éthicien de l'économie Stefan Streiff, dans le cadre de sa recherche pour le Fonds national suisse (FNS).

Dans vingt cantons, les personnes morales ont l'obligation de payer des impôts ecclésiastiques. Le Tribunal fédéral a d'ailleurs approuvé cette pratique «au motif que l'Eglise assumerait des tâches d'intérêt social général».

Injuste

Mais pour le scientifique, cela porte à controverse. D'une part, parce que l'Eglise peut en fait faire ce qu'elle veut de cet argent (culte ou fins diaconales), ensuite parce que les personnes morales ne peuvent ni y adhérer, ni la quitter. Et enfin parce que les sociétés appartenant à des non-chrétiens sont contraintes de mettre la main au porte-monnaie pour une Eglise en laquelle ils ne croient pas.

Et de souligner que d'un point de vue théologique, l'Eglise se place ainsi dans une «situation indésirable de dépendance» vis-à- vis de l'Etat. Stefan Streiff propose donc de remplacer l'impôt ecclésiastique par un impôt à but social. Les revenus dégagés «seraient mis à disposition des Eglises, mais aussi d'autres organisations à but social».

Stefan Streiff, «Le financement des Eglises dans une société pluraliste. Les revenus des Eglises réformées de Suisse d'un point de vue théologique».

(ats)

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