Les agresseurs du carnaval sont sous les verrous
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Les agresseurs du carnaval sont sous les verrous

Le carnaval de Locarno a été endeuillé par la mort d'un étudiant tessinois de 22 ans.

Passé à tabac vendredi vers minuit par trois jeunes gens du même âge, il a succombé samedi à de graves blessures à la tête. Ses agresseurs ont été arrêtés et la manifestation annulée.

Etudiant en sciences politiques à l'Université de Zurich, lieutenant dans l'armée, le jeune Tessinois était domicilié à Gordola. Accosté vendredi soir dans une ruelle sombre de la vieille- ville de Locarno après une banale altercation, il a été roué de coups et laissé inanimé sur la chaussée.

Mort cérébrale

Ses trois agresseurs, âgés de 19 à 21 ans, sont originaires pour deux d'entre eux de Bosnie et un de Croatie. Deux sont naturalisés suisses. Ils sont connus des services de la police communale de Locarno pour de petits délits, a indiqué celle-ci à l'ATS dimanche soir. Les trois jeunes ont été écroués et devront désormais répondre de meurtre.

La victime a d'abord été transportée à l'hôpital de Locarno où sa mort cérébrale a été constatée. Le blessé a tout de même été transféré à l'hôpital de Lugano mais les appareils qui le maintenaient artificiellement en vie ont été débranchés samedi à 17 heures. Le décès a été annoncé dimanche matin par la direction de l'hôpital à la police cantonale.

Réactions des partis

L'agression a endeuillé la ville de Locarno et a entraîné l'annulation du carnaval, décidée samedi par la maire Carla Speziali. Le drame a suscité la réaction indignée de la droite tessinoise.

La Lega a déposé une interpellation au Conseil d'Etat tessinois demandant que la nationalité suisse octroyée à l'un des agresseurs soit révoquée. L'UDC a exigé «une peine exemplaire» et l'expulsion de la Suisse des jeunes meurtriers présumés.

A gauche, la «Jeunesse communiste» et les Verts qui avaient demandé, sans l'obtenir, l'annulation du Carnaval de Bellinzone, ont déploré les «attaques racistes et de mauvais goût» de la droite: «il y a aussi des Tessinois de souche qui aiment la violence», a déclaré «Jeunesse communiste» dans un communiqué.

Marche silencieuse

Dimanche après-midi, plus d'un millier de personnes, dont la maire de Locarno et le commandant de la police municipale, ont pris part à une marche silencieuse, du lieu de l'agression à l'hôpital. Selon les amis de la victime, cités par «Ticinonews», la plate- forme internet de Teleticino, le jeune homme n'était ni violent ni raciste, mais «un brave garçon au grand coeur.» (ats)

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