Venezuela: Les alliés de Chavez lui rendent hommage
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VenezuelaLes alliés de Chavez lui rendent hommage

Les principaux alliés du Venezuela ont salué mardi la mémoire du président décédé, tandis que Barack Obama a estimé que le pays «entamait un nouveau chapitre de son histoire».

Un homme «hors du commun», «exceptionnel», dont «la perte est irréparable» pour l'Amérique latine. Un protecteur des «valeurs révolutionnaires»... Les réactions n'ont pas tardé après la mort du président vénézuélien Hugo Chavez.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rendu hommage un «martyr pour avoir servi son peuple et protégé les valeurs humaines et révolutionnaires». Selon lui, Chavez a succombé à «une maladie suspecte».

Pour le président russe Vladimir Poutine, son homologue «était un homme hors du commun et fort, qui regardait vers l'avenir et qui était toujours extrêmement exigeant envers lui-même». Il était «ami proche de la Russie», qui avait permis de poser «des bases solides pour un partenariat russo-vénézuélien, d'établir des contacts politiques actifs et de lancer de vastes projets humanitaires et économiques» entre les deux pays.

Chavez, grand contempteur des Etats-Unis, s'était ces dernières années rapproché de Moscou. Les deux pays avaient notamment signé plusieurs contrats énergétiques et d'armement depuis 2005. M. Poutine a appelé à poursuivre dans cette voie, en «renforçant et développant les relations entre la Russie et le Venezuela».

Hommage syrien

Le chef de l'Etat syrien Bachar al-Assad a salué mercredi la mémoire du président vénézuélien Hugo Chavez et affirmé que sa mort était «une grande perte» pour lui et pour le peuple syrien.

«Le président Assad présente ses condoléances au peuple vénézuélien et au vice-président Maduro. La disparition de ce leader unique est une grande perte pour moi personnellement et pour le peuple syrien, au même titre qu'elle est une perte pour le peuple du Venezuela», a-t-il affirmé dans un communiqué diffusé par la télévision officielle.

Ouverture d'un nouveau chapitre

Le président Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis soutenaient les Vénézuéliens après la mort de leur dirigeant, et espéré des «relations constructives» avec le futur gouvernement de ce pays. «Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme», a conclu le dirigeant américain.

Au Congrès américain, des élus républicains se sont en revanche félicités sans état d'âme de cette disparition. "Hugo Chavez était un tyran qui forçait les Vénézuéliens à vivre dans la peur. Sa mort entame l'alliance des dirigeants gauchistes anti-américains en Amérique du Sud", a notamment déclaré Ed Royce, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Eloges des alliés sud-américains

Le régime communiste cubain a décrété un deuil national de trois jours en hommage à son principal allié politique et économique qui avait été hospitalisé durant deux mois à Cuba, avant son retour à Caracas à la mi-février. «Chavez est aussi Cubain ! Il a senti dans sa chair nos difficultés et nos problèmes et a fait tout ce qu'il a pu, avec une extrême générosité (...) Il a accompagné Fidel (Castro) comme un véritable fils et son amitié avec Raul (Castro) est profonde», a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le président bolivien Evo Morales, au bord des larmes, s'est lui dit «anéanti par le décès du frère Hugo Chavez», depuis le palais présidentiel à La Paz. Il a indiqué qu'il se rendrait au Venezuela dans les prochaines heures.

«Quand les passions s'apaiseront (...), il ne fait aucun doute que le monde entier reconnaîtra la grandeur d'un homme extraordinaire, courageux, plein d'amour et d'héroïsme», a déclaré le président équatorien Rafael Correa, la voix brisée, lors d'une allocution.

Le gouvernement du Nicaragua, également membre comme la Bolivie et l'Equateur de l'Alliance bolivarienne des Amériques (Alba), inspirée par le président vénézuélien, a estimé que «les hommes exceptionnels et formidables comme Hugo Chavez ne meurent jamais».

«Le gouvernement brésilien n'a pas toujours été intégralement d'accord avec le président Chavez mais sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil et du peuple brésilien», a pour sa part affirmé la présidente de gauche Dilma Rousseff. «J'ai confiance dans le fait que son amour de la patrie et son engagement pour la cause des plus défavorisés continuera d'illuminer le futur du Venezuela», a de son côté déclaré son prédécesseur à la tête du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva.

En Colombie, le président Juan Manuel Santos a exprimé son «profond regret» pour la mort de Hugo Chavez, rappelant qu'il avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla marxiste des Farc.

Au Chili, le président Sebastian Pinera a notamment souligné le rôle joué par son homologue vénézuélien dans la création de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l'entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 et dont le premier sommet s'est déroulé à Santiago le 28 janvier, en son absence. «Nous avions des différences mais j'ai toujours su apprécier la force, l'engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées», a-t-il conclu.

«Lutter pour la justice»

En Europe, le président français a estimé que Hugo Chavez avait «profondément marqué l'histoire de son pays». Il «exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations, que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement».

«En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà», a pour sa part réagi le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague.

Son homologue allemand Guido Westerwelle a souhaité que «le Venezuela prenne un nouveau départ après ces jours de deuil«, a souligné le chef de la diplomatie allemande dans un court communiqué. «Le Venezuela a un fort potentiel et la démocratie et la liberté sont les bons moyens pour concrétiser ce potentiel». (afp)

Condoléances d'Ueli Maurer

Les autorités suisses ont appris «avec tristesse» le décès de Hugo Chavez, a indiqué jeudi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le président de la Confédération Ueli Maurer a présenté ses condoléances aux autorités et au peuple vénézuélien. Le drapeau suisse a été mis en berne sur l'aile ouest du Palais fédéral, comme le veut la tradition en cas de décès d'un chef d'Etat en exercice, a constaté l'ats. M. Maurer enverra une lettre de condoléances au Venezuela, ajoute le DFAE.

Par ailleurs, le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter se rendra vendredi à l'ambassade du Venezuela à Berne. Il y présentera les condoléances de la Suisse aux représentants de ce pays et signera le livre de condoléances ouvert par l'ambassade.

Relations «peu intenses»

Les relations entre la Suisse et le Venezuela sont «bonnes mais peu intenses», indique le DFAE sur son site internet. Les deux pays ont conclu plusieurs traités, notamment un accord-cadre en matière économique en 2008. Ce texte doit permettre d'aider les entreprises suisses actives dans ce pays.

Hugo Chavez était venu à Genève en 2001 dans le cadre d'une conférence sur la désertification. Il s'était entretenu à cette occasion avec le conseiller fédéral Joseph Deiss, alors chef du DFAE. Quatre ans plus tard, il avait rencontré la ministre des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey en marge de l'investiture du président uruguayen Tabaré Vazquez à Montevideo.

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