Actualisé 21.07.2015 à 11:43

Mer de ChineLes ambitions de Pékin inquiètent ses voisins

L'expansion chinoise en mer de Chine méridionale irrite. Le Japon a dénoncé mardi des méthodes «coercitives», tandis que les Philippines ont dopé leurs crédits militaires.

Le Japon a dénoncé mardi les ambitions de la Chine en mer de Chine méridionale, estimant que Pékin tentait de passer en force pour prendre le contrôle de zones disputées. «La Chine, en particulier en ce qui concerne les questions maritimes, continue à agir de manière autoritaire», «unilatérale et sans laisser de place au compromis», souligne le Japon dans son livre blanc annuel de la Défense. Et de pointer des «tentatives coercitives pour changer le statu quo», en référence à la construction d'îles artificielles dans la zone.

Les Chinois sont accusés de mener d'énormes opérations de remblaiement en mer de Chine méridionale, transformant des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses, afin de gagner du terrain sur l'eau et d'étendre leur souveraineté au grand dam de leurs voisins. Le document aborde également un autre conflit territorial, celui qui oppose le Japon et la Chine au sujet d'îles inhabitées en mer de Chine orientale, appelées Senkaku par Tokyo qui les administre et Diaoyu par Pékin.

Hausse du trafic maritime chinois dénoncée

Le nombre de navires chinois patrouillant dans ces eaux contestées «ne cesse d'augmenter, et en février 2015, trois bateaux gouvernementaux de 3000 tonnes y ont fait une incursion pour la première fois», déplore le document. Le Japon exige par ailleurs «l'arrêt des travaux» de forage en mer qu'il soupçonne Pékin de mener dans ces fonds potentiellement riches en gaz. Enfin, le livre blanc réitère ses critiques sur ce qu'il appelle l'«opacité» du budget militaire chinois.

Tokyo salue cependant la mise en place d'un mécanisme de communication d'urgence pour prévenir tout incident maritime entre les deux pays qui ont esquissé ces derniers mois un rapprochement, même si les tensions liées à l'histoire restent vives. La Chine a ainsi fustigé la semaine dernière les projets de loi de défense controversés du Premier ministre japonais Shinzo Abe, destinés à renforcer le rôle militaire du Japon sur la scène internationale, le qualifiant d'«acte sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale».

Enveloppe record pour l'armée philippine

De leur côté, les Philippines, aux prises avec les prétentions chinoises sur des îles en mer de Chine méridionale, vont accroître leurs crédits militaires de 25% en 2016, ont annoncé mardi des responsables du gouvernement. Le budget prévisionnel qui sera soumis la semaine prochaine au Parlement par le président Benigno Aquino réserve à la défense nationale une enveloppe record de 25 milliards de pesos (509 millions d'euros) contre 20 milliards de pesos l'an dernier.

Ces crédits - infimes quand on les rapporte aux 886,9 milliards de yuans (132 milliards d'euros) budgétisés par Pékin pour l'année en cours - iront en priorité à l'acquisition de frégates et d'avions de surveillance. «Nous devons pouvoir protéger tout ce qui se trouve à l'intérieur de notre juridiction territoriale», a justifié le secrétaire au Budget, Florencio Abad. «Il nous faut au minimum être capables de surveiller efficacement ce qui se passe dans la région, surtout dans les zones disputées.»

Navires et avions cinquantenaires

Parmi les moins bien dotées d'Asie du Sud-Est, l'armée philippine possède une modeste flotte de navires et d'avions cinquantenaires, mais elle peut compter sur son allié américain tenu depuis 1951 par un traité de défense mutuelle. «Nous faisons un réel effort de modernisation et nous avons besoin de tous les moyens possibles, y compris de frégates et d'avions de surveillance», a souligné un porte-parole du Ministère de la défense, Arsenio Andolong.

La mer de Chine méridionale est un carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial, et recèle potentiellement des réserves d'hydrocarbures. Le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et le sultanat du Brunei revendiquent la souveraineté de certaines parties stratégiques de cette mer, mais Pékin les revendique presque toutes et n'hésite pas à montrer ses muscles, suscitant des préoccupations dans la région et au-delà. La Chine, qui fonde sa revendication sur des cartes remontant aux années 1940, a récemment donné du poids à ses prétentions en construisant des îles artificielles sur des récifs disputés.

(afp)

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