Les Amis de Jésus veulent faire annuler sa condamnation à mort
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Les Amis de Jésus veulent faire annuler sa condamnation à mort

Ils ont demandé à la Haute Cour de Nairobi, au Kenya, de la déclarer «nulle et non avenue» et de désigner sa crucifixion «illégale».

La requête soulève nombre de questions, et d'abord celles de la compétence du tribunal, de la prescription, de l'identification des parties lésées, de la recevabilité des plaintes... Elles seront examinées mercredi par la Commission constitutionnelle du tribunal, qui décidera de désigner ou non un juge pour appeler l'affaire en audience, a déclaré le porte-parole de la Cour, Dola Indindis.

Droits de l'homme ?

Les plaignants «pourraient avoir droit à un procès, si on considère que l'affaire touche aux droits de l'homme, et que la Haute Cour a pleins pouvoirs en cette matière», a commenté M. Indindis, lui-même juriste.

Les «Friends of Jesus» veulent obtenir de la Cour qu'elle déclare le procès de Jésus nul et non avenu (...) parce que le tribunal qui l'a condamné n'était pas correctement constitué, parce que les accusateurs ont violé la loi de l'époque, et parce que le procès était truqué, a-t- il expliqué.

«Le procès de Jésus, 'roi des Juifs', accusé d'avoir 'blasphémé le Saint Esprit', puis sa condamnation et sa crucifixion, ont violé les lois de l'époque, et doivent être corrigés par la loi moderne», a confirmé l'avocat des plaignants, Me Humprey Odanga.

Lapidé à mort

«Selon la Loi de Moïse, rapportée par la Bible dans les Livres de l'Exode, du Lévitique et du Deutéronome, si un homme blasphème contre le Saint Esprit, il doit être lapidé à mort (...), et il en va de même selon la Torah, la Loi juive», a-t-il précisé.

La crucifixion était prévue, dans la Loi romaine en vigueur à l'époque, pour le crimes de vol, trahison, viol et outrage à l'Empereur, a-t-il souligné.

Selon la Bible et des historiens de la religion, la juridiction suprême juive qui a condamné Jésus-Christ à mort, le Grand Sanhédrin, l'avait bien accusé de blasphème, mais Hérode, le roi de Judée vassal de Rome, l'avait acquitté. Ponce-Pilate, procurateur de Judée et donc fonctionnaire romain devant qui ses accusateurs l'avaient conduit ensuite, l'avait renvoyé au Sanhédrin après s'être «lavé les mains».

«En vertu de quelle loi Jésus a-t-il été condamné? Les Romains ne l'ont estimé coupable d'aucun crime ou délit, et le Grand Sanhédrin n'avait pas compétence à le faire crucifier», a conclu Me Odanga.

Prescription

Des juristes kényans qui se sont penchés sur le dossier ont conclu à la légitimité de la plainte des FOJ, sans pour autant admettre la compétence des tribunaux du pays. «Et même s'ils étaient compétents, il y a prescription», a tranché l'un d'entre eux, Me Albert Kuloba.

Me Odanga persiste et signe: les tribunaux kényans sont bien compétents, selon lui, car le système judiciaire du pays est basé sur la Bible, ou le Coran, les livres sacrés devant lesquels les témoins prêtent serment.

«Si vous êtes cités aujourd'hui devant n'importe quel tribunal du Kenya, vous devez soulever la bible et jurer de dire la vérité «avec l'aide de Dieu». Si l'appareil judiciaire au Kenya repose sur la Bible, c'est qu'on croit tout ce qui y est écrit, et il y a automatiquement compétence», a-t-il affirmé. «Même le président kényan et ses ministres doivent jurer sur la Bible quand ils prêtent serment en prenant leurs fonctions», a-t-il insisté.

Si les FOJ n'obtiennent pas satisfaction devant les tribunaux kényans, ils envisagent de recourir à la Cour internationale de justice, a enfin annoncé leur avocat. «Nous voulons qu'un tribunal établisse, pour que les choses soient claires, que Jésus n'était pas un criminel. Est-ce qu'on vouerait un culte à un criminel condamné?», a-t-il conclu. (ats)

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