Actualisé 16.01.2020 à 07:35

Genève

Les annonces de morsures de chien se multiplient

Les attaques canines répertoriées dans le canton étaient en hausse en 2018. Les morsures graves restent rares.

de
Léonard Boissonnas
Le Berger australien fait partie des races en vogue au bout du lac.

Le Berger australien fait partie des races en vogue au bout du lac.

iStock

Pas moins de 320 cas de comportements agressifs chez les canidés ont été rapportés au Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) genevois en 2018, selon le dernier rapport du Conseil d'État sur l'application de la loi sur les chiens. C'est environ 10% de plus qu'en 2017 et quasi le double (+93,9%) par rapport à 2008, alors que la population canine est restée stable (environ 30'000 individus). Parmi les cas annoncés en 2018, on relève 294 morsures (dès que la mâchoire se referme, sans pour autant que la peau soit perforée), dont 174 contre des humains.

Cette hausse des annonces auprès de l'État «ne signifie pas que le nombre d'agressions effectives a augmenté dans la même proportion», indique le SCAV. La transmission des cas aux autorités, comme le prévoit la loi, s'est en effet «nettement améliorée» depuis dix ans, relève le service. Les citoyens sont aussi plus enclins à dénoncer les attaques bénignes. Si «chaque cas de morsure préoccupe le service», ceux graves (avec perforation, arrachement, ou fracture), ne sont pas en augmentation et restent peu fréquents (un en 2018, moins d'une dizaine en vingt ans).

Alors que les chiens dits dangereux (comme l'Am'staff, le Pitbull ou le Rottweiler), interdits après 2008, sont devenus rares (44 en 2018 contre 583 dix ans avant), des races autorisées comme le Staffie, Jack Russel Terrier, Berger Australien ou Bouledogue français, sont en augmentation. Le risque que des chiens issus d'entre elles commettent une agression est dès lors plus élevé, note le SCAV. 

Hausse en Valais, stabilité sur Vaud et Neuchâtel

Parmi les cantons romands qui nous ont répondu, le Valais rapporte une hausse des procédures ouvertes pour des cas d'agressions sur des humains: 121 en 2016 contre 226 en 2018. Comme à Genève, on attribue cette augmentation à une plus grande sensibilité de la population et à une meilleure communication plutôt qu'à une détérioration effective de la situation. Dans le canton de Vaud, le nombre de morsures est relativement stable ces dix dernières années avec une moyenne de 395 cas par an. Dans le canton de Neuchâtel, on relève une soixantaine d'annonces de morsures sur des humains par an, selon les chiffres communiqués pour la dernière décennie.

Des maîtres qui ignorent leurs devoirs

Entre les 341 chiens impliqués dans une agression en 2018, 68 de grande taille (plus de 25 kg et 56 cm au garrot) n'avaient pas passé le test de maîtrise et de comportement, qui reste obligatoire pour eux à Genève. Le SCAV explique que certains maîtres ont conclu que l'abolition dans la loi fédérale des cours théoriques et pratiques en 2017 les concernait aussi. «Une partie des détenteurs ne répondant pas à cette exigence légale sont informés, mais ne la respecte pas». Ils s'exposent à une contravention, voire à un séquestre provisoire de leur bête.

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