Bâle: Les antécédents du prêtre pédophile étaient connus
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BâleLes antécédents du prêtre pédophile étaient connus

L'évêché de Bâle tente de faire la lumière sur les actes du prêtre schwyzois qui a exercé en son sein pendant 16 ans, après que ce dernier a avoué avoir abusé sexuellement de mineurs.

Selon ses archives, les responsables de l'évêché connaissaient ses antécédents.

Lorsqu'il a été engagé, les dirigeants de l'évêché de Bâle savaient apparemment que le prêtre avait dû quitter ses précédents postes «en raison d'actes sexuels non autorisés», écrit l'institution sur son site internet vendredi.

En accord avec les supérieurs de l'ordre, «l'engagement du prêtre s'est fait sous les conditions suivantes: traitement médical et accompagnement par l'abbé responsable en tant que supérieur et 'père spirituel'.»

Une erreur «indéfendable»

Bien qu'à la connaissance actuelle de la direction de l'évêché de Bâle «il ne se soit rendu coupable d'aucun acte pédophile durant ses 16 années de présence, les circonstances de son engagement (...) doivent être considérées aujourd'hui comme une erreur d'appréciation indéfendable», poursuit le texte.

Pour mémoire, le prêtre schwyzois a reconnu mercredi avoir abusé sexuellement d'enfants à Birnau (Allemagne) et à Mehrerau (Autriche). Il a démissionné immédiatement après ses aveux. Une enquête est en cours en Autriche.

«Pas au courant»

Le document donne également des détails sur le parcours de l'homme ces dernières décennies. Il est actif dès 1971 à l'évêché de Bâle, en tant qu'auxiliaire dans la paroisse de Baden (AG). Il est ensuite nommé vicaire en 1978. L'évêque Anton Hänggi, décédé depuis, est en charge de l'évêché de Bâle en ce temps-là.

En 1987, le prêtre est rappelé par son monastère en Allemagne «en raison d'un grave manque de personnel». C'est en 1992 qu'il revient en Suisse et devient administrateur paroissial dans le canton de Schwyz, à Schübelbach.

Cette année-là, l'évêché de Bâle est dirigé par Otto Wüst et celui de Coire, dont dépend la paroisse de Schübelbach, par l'évêque controversé Wolfgang Haas. Ce dernier a fait savoir vendredi par son vicaire général Markus Walser qu'il n'était pas au courant des agissements du prêtre. Quant à M. Wüst, il est décédé en 2002.

Autocritique

L'évêché de Bâle n'a plus suivi le parcours professionnel de son ancien employé après son départ pour le canton de Schwyz. Et d'ajouter qu'il «n'y a pas trace dans les archives que d'autres instances de l'église aient présenté des demandes à son sujet» au cours des années suivantes.

Dans son communiqué vendredi, l'évêché de Bâle jette un regard critique sur son histoire. «Malheureusement, la manière dont l'affaire a été menée correspond à une époque à laquelle les coupables détectés pouvaient garder leur poste: un bon réseau de connaissances, l'abus d'autorité ou une dissimulation directe ont rendu cela possible.»

Les abus continuent

Les abus sexuels commis par des religieux n'appartiennent toutefois pas qu'au passé. La Conférence des évêques suisses a reçu 60 plaintes ces 15 dernières années, a indiqué le directeur de la commission chargée par la Conférence des évêques suisses (CES) de gérer les abus sexuels des prêtres, le juriste Adrian von Kaenel.

Mais l'église catholique ne dénonce pas activement les coupables à la justice, explique-t-il. Elle laisse aux victimes le soin de déposer plainte. Par la voix de son porte-parole, le président de la CES Norbert Brunner a indiqué qu'il ne voyait pas de nécessité de changer cette manière de procéder.

(ats)

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