Actualisé 15.08.2017 à 20:03

VaudLes anti-coqs vont devoir porter leur combat ailleurs

Le Tribunal cantonal renvoie les voisins d'un poulailler, excédés par les cris des gallinacés, devant une autre instance.

von
Christian Humbert
Les cris d'un des volatiles ont été mesurés à 92 décibels.

Les cris d'un des volatiles ont été mesurés à 92 décibels.

i-Stock

Le coq d'Arzier-Le Muids peut continuer de chanter: saisis du recours de voisins excédés, les juges cantonaux ont renvoyé les plaignants vers le Canton.

C'est en plein village que deux propriétaires ont été autorisés, en 1998, à construire un poulailler. Trois poules et un coq y ont d'abord vécu. Il s'agit, ont expliqué les éleveurs, de préserver des espèces de gallinacés en voie de disparition. De belles bêtes, donc, mais qui chantent. Et plutôt fort aux oreilles de six voisins.

D'autant qu'il n'y a plus un, mais deux coqs. L'un d'eux, très en voix, a poussé 786 cris en un jour, avec des pointes à 92 décibels.

Trop c'est trop: les anti-coqs se sont plaints auprès de la commune, demandant que les gallinacés la ferment. Ou, plutôt, qu'ils ne perturbent plus la tranquillité publique. Mais l'autorité est restée sourde: le poulailler est fermé la nuit et ouvert le jour, comme cela était prévu. Tout est conforme et la situation est acceptable, a conclu la Municipalité après des visites sur place.

Excédés, les voisins ont saisi le Tribunal cantonal et y ont obtenu une demi-victoire: les juges ont longuement étudié les valeurs limites de bruit et la qualité d'installations telles qu'un poulailler.

Mais ils ont aussi indiqué que l'affaire est du ressort du Département du territoire et de l'environnement. Les anti-coqs doivent donc saisir les autorités cantonales ou les tribunaux civils. Et prendre leur mal en patience.

Bisbilles à la pelle

Le cas d'Arzier-Le Muids n'est de loin pas le seul. Une autre dispute retentissante à propos du chant d'un coq, au vallon de Villard (VD), a occupé la justice pendant plusieurs années. Dans cet endroit des hauts de Montreux, le propriétaire d'une résidence secondaire a tenté, à partir de 2010, de faire taire les deux coqs d'une basse-cour. Entre injonctions et prétentions financières pour la dévalorisation de sa propriété, ce voisin n'en démordait pas. Mais, en 2016, le Tribunal de Vevey a fini par lui donner tort.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!