Coronavirus: Les anti-masques, des quadras éduqués qui se rebiffent
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CoronavirusLes anti-masques, des quadras éduqués qui se rebiffent

Une recherche bâloise s’est intéressée au mouvement anti-masque. La plupart d’entre eux sont issus de la classe moyenne et possèdent un diplôme d’études secondaires ou universitaires.

Le mouvement tend à faire de sa résistance aux masques un combat héroïque ce qui, selon le chercheur Oliver Nachtwey, a «un grand potentiel de radicalisation».

Le mouvement tend à faire de sa résistance aux masques un combat héroïque ce qui, selon le chercheur Oliver Nachtwey, a «un grand potentiel de radicalisation».

Keystone

Un tiers des manifestants anti-masques ont un diplôme d’études secondaires et/ou un diplôme universitaire. La plupart d’entre eux sont des travailleurs indépendants quadra, issus de la classe moyenne, selon une recherche bâloise.

Une minorité de citoyens doute de l’opportunité des mesures prises pour lutter contre la pandémie, les jugeant comme une entrave à la liberté. Ce sont particulièrement le port de masques et le respect des distances de sécurité qui sont remis en cause.

Ce mouvement d’opposition en Allemagne et en Suisse est très hétérogène: rejetant le système politique traditionnel, ils sont sensibles aux thèses complotistes et à l’antisémitisme. En revanche, ils ne sont pas particulièrement xénophobes ou islamophobes.

Plus de la moitié ne jure que par une éducation anti-autoritaire, beaucoup sont enclins à l’anthroposophie. La médecine alternative, la spiritualité et la proximité avec la nature sont d’autres points dans leur système de référence.

Le mouvement s’appuie sur des ressorts émotionnels, et tend à faire de sa résistance aux masques un combat héroïque ce qui, selon le directeur de l’étude, le chercheur Oliver Nachtwey a «un grand potentiel de radicalisation».

Méfiance à l’égard de la politique

L’âge moyen est de 47 ans, 31% ont un diplôme d’études secondaires et 34% un diplôme universitaire. Cette proportion est supérieure à la moyenne suisse (29,6%) et presque deux fois plus élevée qu’en Allemagne (18,5%). La part élevée de travailleurs indépendants a également surpris les chercheurs: avec 25%, elle est nettement plus forte que dans la population générale.

Tous ont une forte méfiance à l’égard du gouvernement, de l’UE, de l’ONU, des partis politiques, du parlement et des médias. À l’inverse, ils placent leur confiance dans la justice, la police, les groupes environnementaux, les groupes de citoyens et les entreprises.

Ce sont des résultats préliminaires du projet de recherche sociologique empirique de l’Université de Bâle. Ils sont basés sur l’évaluation de plus de 1150 questionnaires.

(ATS/NXP)

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