Les anti-UDC accusent la police après les manifestations à Berne

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Les anti-UDC accusent la police après les manifestations à Berne

Le comité anti-UDC «Le mouton noir» donne sa version des faits, cinq jours après les violences en marge des manifestations de samedi à Berne.

La plupart des actions de blocage étaient non violentes, selon lui. Il dénonce une riposte disproportionnée de la police.

Les opposants critiquent en particulier l'usage de balles en caoutchouc. «Les gens étaient assis par terre pour un blocage non violent et on nous a tiré dessus. La police n'a pas fait de différence entre la résistance non violente et les émeutiers», a témoigné jeudi devant la presse un participant aux actions de blocage, à visage découvert, du prénom de «Patrick».

«Je suis un entrepreneur, je travaille et je paie mes impôts», a déclaré le jeune homme qui n'a pas jugé utile de dévoiler son patronyme. Il précise s'être rendu à Berne spontanément pour faire échec à l'UDC.

Les images de violences sur la Place fédérale ont occulté la «grande fête» multiculturelle, pacifique et rassemblant toutes les générations sur la Place de la cathédrale, déplore le comité. Pour le reste, «il n'a jamais été question que nous soyons responsables de ce qui se passait hors du périmètre de la fête», a déclaré Anja Peter, membre de l'organisation.

Condamnation du bout des lèvres

«Nous n'avons pas dit aux gens de venir bloquer la ville. Ils se sont déplacés d'eux-mêmes pour protester contre l'UDC», s'est défendu le conseiller de ville Vert Daniele Jenni, coorganisateur de la manifestation. Le comité ne conteste pas le droit du parti de Christoph Blocher à manifester. Mais si tant de gens se sont rassemblés dans les rues de manière à empêcher cette marche, c'est une conséquence de la politique du parti, estime-t-il.

Quant aux actes de violence, «je comprends les causes qui y ont mené, mais ils sont gratuits, violents et je ne les excuse pas», a déclaré Daniele Jenni. Et d'expliquer que le climat de peur instauré par les campagnes de l'UDC favorise de tels actes de révolte incontrôlables.

Le comité est aussi revenu sur la présence d'une centaine de néo- nazis au sein du défilé UDC, images à l'appui. «Le mouton noir» a ainsi relevé la présence du leader du groupe d'extrême-droite Indiziert et de personnes issues du groupement Hammerskins.

Samedi, le vice-président de l'UDC Yvan Perrin a regretté ce fait. «Mais tant qu'ils ne font rien, on ne peut pas les exclure», avait-il déclaré à l'ATS.

120 000 francs de dégâts

Les violences en marge des manifestations ont provoqué des dégâts pour 120 000 francs, a indiqué jeudi le porte-parole de la police municipale bernoise. Dix plaintes contre inconnu ont été déposées.

Selon Thomas Jauch, une partie des sinistrés demande en outre des dédommagements à hauteur de 20 000 francs pour pertes de gains. Quant à l'appel de la police à lui envoyer des photos et des vidéos pour dénoncer les casseurs, il s'est soldé pour l'instant par 30 réponses. L'examen des documents va durer plusieurs jours. (ats)

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