Extrémistes: «Les antifa, c'est comme la mafia: silence radio!»
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Extrémistes«Les antifa, c'est comme la mafia: silence radio!»

Le saccage, samedi, du bar Elvis et Moi à Fribourg a été revendiqué par les «antifa». Qui sont ces extrémistes de gauche?

par
Nando Luginbuhl

«Les antifa, c'est comme la mafia: quand tu en es, tu n'en parles pas. Silence radio!» explique un Neuchâtelois proche du mouvement mais non actif. «Les antifascistes se réunissent pour leurs actions mais il n'y a pas de discours, pas de statuts, rien. Et surtout, par rapport aux journalistes, c'est motus. Les rencontres n'ont lieu que pour casser du facho et c'est tout!»

Cette description est confirmée par la porte-parole de la Fedpol, Danièle Bersier: «Nous ne parlons pas ici de groupes ou d'associations, mais d'un mouvement.» Dans son rapport sur la sécurité en Suisse en 2007, la Fedpol a recensé 221 cas de violence attribués à l'extrême gauche. Si le mouvement antifa est surtout alémanique, la Fedpol a noté un développement antifa romand spontané lors de la visite de Christoph Blocher au Comptoir Suisse.

L'expression «antifa» avait été adoptée il y a une vingtaine d'années par les «chasseurs de skins», des jeunes dont le seul but était d'attaquer des skinheads, notamment à Paris. Du côté germanophone, la mouvance antifasciste trouve ses racines profondes dans la Rote Armee Fraktion, un groupuscule terroriste d'extrême gauche actif dès la fin des années 1960 dénoncant une Allemagne dans laquelle d'anciens dignitaires du Parti nazi étaient encore aux commandes du pays.

Un film allemand, qui sortira prochainement en Suisse romande, La bande à Baader, retrace cet épisode de l'histoire de l'Allemagne de l'Ouest.

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