France: Les archives de Sade ne font pas recette
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FranceLes archives de Sade ne font pas recette

Des écrits et objets appartenant au marquis de Sade n'ont pas soulevé l'enthousiasme escompté aux enchères.

Hugues de Sade, un descendant du marquis de Sade. Image d'archive

Hugues de Sade, un descendant du marquis de Sade. Image d'archive

photo: AFP

Une vente aux enchères d'archives et d'objets ayant appartenu au marquis de Sade n'a pas rencontré mercredi le succès espéré par les organisateurs, plusieurs lots ayant dû être retirés des enchères en raison de la faiblesse des offres.

Le fauteuil du divin marquis, estimé entre 40'000 et 50'000 euros, n'a ainsi pas trouvé preneur. C'est dans ce fauteuil, en partie d'époque Louis XIII, que Sade écrivit la plupart de ses textes (y compris quand il était emprisonné).

Les six pièces de théâtre de l'auteur de «Justine» n'ont également pas trouvé d'acquéreur, alors même que ces manuscrits étaient considérés comme le clou de la vente.

«Le boudoir ou le mari crédule», courte pièce saisie par la police après sa rédaction en 1783 à la prison de Vincennes, «Le Capricieux», comédie en cinq actes et en vers, et «L'égarement de l'infortune», drame en trois actes écrit en 1781 alors qu'il était emprisonné à Vincennes, étaient estimés entre 30'000 et 40'000 euros chacun.

Déception

Sans doute l'une des dernières pièces écrites par Sade en 1807, quand il était enfermé à Charenton, «Franchise et trahison», oeuvre en trois actes et en prose, était estimée entre 40'000 et 50'000 euros.

Ecrite en 1791, la seule pièce de Sade acceptée par la Comédie française, «Le mysanthrope (sic) par amour», une comédie en cinq actes, était quant à elle estimée entre 15'000 et 18'000 euros.

Au total, la vente organisée chez Drouot à Paris par la maison Tessier-Sarrou a rapporté 296'190 euros, frais compris.

«Nous sommes déçus du manque d'engouement, notamment de la part des institutions, sur les pièces de théâtre et le fauteuil. En revanche, nous sommes ravis d'avoir pu participer au côté de la famille Sade à faire connaître cet autre visage du marquis de Sade au travers de cette vente», a déclaré Rodolphe Tessier, commissaire-priseur de la vente.

Faire connaître Sade

Une centaine de lots provenant des archives de Sade étaient mis à l'encan par les descendants de l'écrivain du siècle des Lumières. Il s'agissait pour l'essentiel des rares documents sauvés des flammes à la mort de Sade, le 2 décembre 1814.

Ce qui ne fut pas brûlé fut mis dans un coffre et scellé derrière des étagères de la bibliothèque du château familial de Condé-en-Brie (Aisne). Ce coffre ne fut découvert qu'après la Seconde guerre mondiale par les descendants du marquis.

«Toute leur vie, nos parents se sont battus pour faire connaître Sade, contre les préjugés, contre les mensonges et pour la vérité (...) Ils ont donné mission à leur cinq enfants de continuer ce combat pour la connaissance», a expliqué Thibault de Sade, à l'origine de cette vente.

Parmi les bonnes surprises de ces enchères, un tableau, attribué à Jean-Marc Nattier et représentant le père du marquis. Estimé entre 30'000 et 40'000 euros, il a été adjugé pour 39'000 euros. Comme son fauteuil, ce tableau accompagna Sade de cachot en cachot.

Un conte

Le seul conte écrit par Sade, «Les coquilles d'oeufs» (estimé entre 8000 et 10'000 euros) est parti pour 5850 euros.

Deux lots ont été préemptés par la Bibliothèque nationale de France (BnF): un carnet relevant les différentes visites protocolaires et familiales réalisées par son couple dans les années 1769 et 1770 (4940 euros) et un Mémoire des dépenses faites par le marquis de 1783 à 1788 à la Bastille en papier, plumes et livres (2210 euros).

Sade (1740-1814) a passé au total près de 30 ans de sa vie derrière les barreaux. Son oeuvre sulfureuse a été occultée durant tout le XIXe siècle et ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que l'éditeur Jean-Jacques Pauvert édita les textes de Sade malgré la censure. Sade a été édité dans la prestigieuse collection française de la Pléiade en 1990. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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