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Les armuriers américains mettent en garde les candidats aux présidentielles

Washington - Les membres du principal lobby en faveur du port d'armes aux Etats-Unis, la NRA, ont affiché vendredi à Washington leur position radicale face à ce qu'ils estiment être un héritage historique.

Ils ont mis en garde les candidats à la Maison Blanche à ce sujet.

«Nous pensons que ce sont Dieu, les armes et le cran (»God, guns and guts») qui ont permis à ce pays d'être libre et nous allons nous battre pour conserver les trois», a confié Ray Oostdyk, membre de la NRA (National rifle association) et président de Virginie.

«La NRA parle au nom de celui qui a une arme, du patriote américain qui soutient toujours les fondements des pères fondateurs de ce pays», estime John Jenkins, venu de l'Indiana pour cette convention baptisée «Célébrations des valeurs américaines».

«Je ne voterai jamais pour un candidat qui ne se positionne pas fermement en faveur de la Constitution, dont le deuxième amendement», a assuré de son côté Thomas Crum, venu d'Arizona.

Parmi quelque 500 membres réunis à Washington vendredi, plusieurs candidats à l'investiture pour 2008 étaient présents, dont les républicains John McCain, Rudolph Giuliani et Fred Thompson et un démocrate, le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson. John McCain, le sénateur de l'Arizona, n'a pas ménagé ses efforts pour courtiser les voix d'une assistance presque exclusivement masculine.

«Vous êtes le coeur des Etats-Unis modernes», a-t-il lancé en allant jusqu'à défendre le port de fusils d'assaut. «Je ne vois aucune raison d'interdire des armes sur la base de leurs caractéristiques techniques», a-t-il dit.

Rudolph Giuliani a lui tenté d'afficher une position très ferme, face à une audience qui ne lui était pas acquise en raison d'une action judiciaire intentée contre les fabricants d'armes lorsqu'il était maire de New York. «Les droits sont basés sur un degré raisonnable de sécurité et le droit de porter des armes est basé sur un degré raisonnable de sécurité», a-t-il avancé.

Interrogé sur le procès intenté aux fabricants d'armes, il a répondu qu'il avait tenté «à ce moment là de tirer profit de toutes les lois pour réduire la violence à New York». Avant d'ajouter: «Je ne soutiens pas cette action judiciaire désormais».

Selon le second amendement de la Constitution américaine, les citoyens ont le droit de porter des armes pour avoir des «milices organisées» veillant à la sécurité nationale.

Lors de la rédaction des amendements à la Constitution, en 1791, les ennemis possibles étaient l'Angleterre, la France et l'Espagne, les trois puissances européennes ayant colonisé l'Amérique du Nord, avant la déclaration d'indépendance des Etats-Unis en 1776.

Les membres de la NRA estiment néanmoins que le droit d'avoir une arme reste aujourd'hui pertinent. «Si quelqu'un avec un permis de porter une arme avait été dans un de ces avions, il aurait pu arrêter ça», défend M. Oostdyk en référence aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis au cours desquels quatre avions avaient été détournés.

A l'instar de ses collègues de la NRA, qui compte environ quatre millions de membres à travers le pays, et en dépit des statistiques prouvant le contraire, John Jenkins pense que les armes rendent les Etats-Unis plus sûrs.

«Ce qui empêche les gens (de commettre des crimes) c'est qu'ils ne savent pas qui a une arme. Peut être que je n'ai pas d'arme, mais vous ne le savez pas et donc vous n'essaierez probablement pas de m'accoster», avance-t-il, ajoutant: «quand tout le monde a une arme, nous vivons en paix».

ats

(ats)

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