Actualisé 04.03.2010 à 13:04

Fraudes en France et aux Etats-UnisLes arnaques à la piquette se multiplient

Faux beaujolais commercialisé en France, escroquerie au pinot noir aux Etats-Unis: deux scandales éclaboussent coup sur coup le vignoble français.

von
phf/afp

Les amateurs de vins aux Etats-Unis ont vu rouge: par l'entremise d'un cabinet d'avocat, ils ont déposé hier une action collective contre un viticulteur français, Sieur d'Arques, un négocient (Ducasse) et un importateur californien, E&J Gallo.

Leur truc: vendre sous le nom de pinot noir un breuvage à base de merlot et de syrah, deux cépages moins chers à produire. Cette tentative de tromper les palais américains a duré trois ans avant d'être stoppée par l'administration française des douanes en mars 2008. Plus de 135'000 hectolitres de faux pinot noir ont été écoulés aux Etats-Unis.

«Profiter d'un public ignorant»

La société française Sieur d'Arques a déjà été condamnée en février par le tribunal correctionnel de Carcassonne (F) à 180'000 euros d'amende. Mais les ennuis ne font que commencer: le cabinet d'avocats californiens Kingsley and Kingsley a entamé une «class action» contre les trois entreprises. Les plaignants accusent les négociants en vin de «publicité mensongère, de pratiques commerciales inéquitables, de fraude, d'enrichissement injustifié».

La plainte «représente tous les consommateurs californiens qui ont acheté ce vin faussement étiqueté», a annoncé Brian Levine, du cabinet d'avocats californiens Kingsley and Kingsley. «Le risque est que les firmes viticoles tirent profit d'un public ignorant, en particulier dans le marché des vins à 10 dollars la bouteille, qui est le prix auquel ces vins étaient vendus », a ajouté l'avocat, cité par Le Midi-Libre. Le montant des dédommagements réclamés n'est pas encore spécifié.

Le numéro un mondial du secteur, Constellation Brands, propriétaire de Mondavi, pourrait lui aussi avoir été victime de ce trafic de cépages.

Arnaque en France

Une autre affaire d'étiquettes frelatées vient ternir le blason du vignoble français. Cette fois, c'est le Beaujolais qui en fait les frais. Selon Le Progrès de jeudi, quelque 300 000 bouteilles de vins déclassés ont été vendus début 2008 sous l'appellation d'origine contrôlée Beaujolais. Toujours selon le quotidien lyonnais, des élus de petites communes auraient trempé dans cette fraude. Une quinzaine de personnes impliquées seront entendues par la police.

Cette goutte d'eau dans l'océan du label, qui a commercialisé cette année-là 120 millions de bouteilles au total, jette le discrédit sur les producteurs de la région à quelques semaines de l'arrivée sur le marché de la cuvée 2009.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!