Actualisé 23.01.2018 à 16:51

Chine

Les artistes hip-hop dans le collimateur du pouvoir

L'annulation de la participation d'un rappeur vedette dans un show télé inquiète les internautes.

de
Julien Delafontaine

Zhou Yan, connu sous le pseudo de GAI, est adulé par les jeunes depuis qu'il a remporté le télécrochet «The Rap Of China». Pour donner un ordre d'idée, le trentenaire est suivi par plus de 4 millions de fans sur Weibo, équivalent chinois de Twitter. C'est dire si sa déprogrammation de l'émission «Singer», diffusée sur Hunan TV, n'est pas passée inaperçue. La chaîne n'a d'ailleurs donné aucune explication concernant cette disparition manifestement précipitée. En effet, le rappeur apparaît encore dans la bande-annonce du programme.

Selon Sina, géant asiatique de l'internet, GAI tombe sous le coup de nouvelles règles publiées vendredi 19 janvier 2018 par la puissante et incontournable commission de contrôle des médias chinois. Cette dernière, qui n'a rien communiqué officiellement, interdirait désormais d'antenne les rappeurs à cause de «leurs tatouages, de leurs paroles vulgaires et obscènes, de leurs réputations sulfureuses et de leurs attitudes en conflit avec les valeurs et la morale du Parti».

Pour les internautes, si ces mesures ont effectivement été prises par le gouvernement, elles signeraient simplement l'arrêt de mort du hip-hop dans l'Empire du Milieu. Le pouvoir a déjà fait passablement de misères à des rappeurs chinois de premier plan, ces derniers mois. PG One a notamment dû s'excuser pour «les paroles dégradantes» de son titre «Christmas Eve» et Triple H a vu tous ses singles bannis des sites de streaming.

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