Médecins de famille: Les assureurs saluent le résultat
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Médecins de familleLes assureurs saluent le résultat

Santésuisse accueille avec satisfaction l'acceptation de l'article pour revaloriser le rôle des généralistes.

Le plébiscite exprimé dimanche démontre l'attachement des Suisses à la médecine de proximité, a indiqué le porte-parole de la faîtière des assureurs Christophe Kaempf. Mais il faut que cette proposition soit neutre au niveau des coûts.

L'article constitutionnel, accepté à une large majorité, exige une rémunération appropriée des prestations de la médecine de famille. Or le Conseil fédéral est intervenu récemment pour que les généralistes et les pédiatres touchent environ 10 francs de plus par consultation, soit une manne de 200 millions de francs compensée sur les prestations des spécialistes.

Pour santésuisse, il s'agit de s'en tenir à cette solution car la revalorisation de la médecine de famille ne doit pas se traduire par un surcoût pour les assurés modestes, selon M. Kaempf. Les autres mesures devront suivre la même logique.

Les recours déposés la semaine dernière par des citoyens qui critiquent le fait que le fascicule de votation n'ait pas mentionné le projet de centre national de contrôle des soins présenté mercredi dernier par le ministre de la santé Alain Berset, est une démarche séparée qui n'a qu'un lien très indirect avec le vote, estime le porte-parole. Ils n'ont d'ailleurs eu aucune influence sur le scrutin, selon lui. Les recourants invoquent une violation de leur liberté de vote.

L'argument de la pénurie a porté ses fruits

C'est «un résultat incroyable» qui se dessine dans la votation sur les soins de base aux yeux de François Héritier, vice-président de l'Association des médecins de famille.

L'acceptation de l'arrêté fédéral était certes attendue, mais «c'est comme si tous les indécis avaient voté oui».

Le fait d'avoir axé la campagne sur la pénurie de médecins de famille a porté ses fruits, a déclaré François Héritier à l'ats. Il n'a ainsi jamais réellement craint l'apparition d'un comité d'opposants une dizaine de jours avant la votation.

Quant aux recours déposés cette semaine contre le fait que le fascicule de vote ne dit rien sur le centre de contrôle des soins annoncé mercredi par le conseiller fédéral Alain Berset, François Héritier ne voit pas le lien avec le sujet soumis au peuple dimanche. Ils devraient être rapidement balayés à ses yeux.

Pour le vice-président de l'Association des médecins de famille, le oui massif va encore donner du poids aux négociations menées depuis deux ans pour l'élaboration du «Masterplan» santé. Il pense notamment au soutien aux places d'assistanat, à l'académisation de la médecine de famille et à l'impact positif sur la revalorisation financière de la médecine de famille.

Sur ce dernier point, François Héritier attend l'annonce d'améliorations de l'ordre de 200 millions de francs en juin déjà dans le cadre de l'augmentation des tarifs des médecins de famille.

La FMH attend maintenant une loi qui précise la mise en oeuvre

Le résultat de dimanche sur l'article constitutionnel montre que les généralistes et les pédiatres ont réussi de manière extraordinaire à ancrer la médecine de base dans la constitution, s'est félicité le président de la FMH Jürg Schlup.

Cette avancée est bénéfique pour les patients et toute la population.

Ce résultat dénote aussi d'une volonté claire de poursuivre vers une médecine de qualité et d'encourager la relève et la formation des médecins généralistes et des pédiatres. C'est aussi un signe positif pour la campagne et les régions périphériques, selon le président de la faîtière des médecins.

Pour la FMH, il importe désormais d'engager le plus vite possible un processus législatif pour mettre en oeuvre l'objectif de l'article constitutionnel. Avec la pénurie de médecins généralistes et de pédiatres qui se profile, il s'agit de ne plus perdre de temps, selon M. Schlup. (ats)

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