Actualisé 19.01.2012 à 12:31

PakistanLes audiences repoussées au 1er février

La Cour suprême pakistanaise a ajourné jeudi au 1er février son examen du cas du Premier ministre Yousuf Raza Gilani, qu'elle accuse d'outrage.

M. Gilani ne sera toutefois pas pas obligé d'être présent le 1er février, selon la Cour, qui a annoncé ce report peu après la comparution du Premier ministre devant ses juges.

Audience jeudi

La sécurité a été renforcée aux abords de la Cour suprême, dans la capitale Islamabad. Des centaines de policiers on t pris position autour du bâtiment et chaque véhicule approchant a été fouillé. Certaines artères de la ville ont été bouclées.

La Cour suprême accuse Yusuf Raza Gilani d'outrage pour ne pas avoir engagé de poursuites contre les hauts fonctionnaires soupçonnés de corruption. D'aucuns se demandent désormais comment son gouvernement, qui est perçu comme corrompu et incapable de s'attaquer à la pauvreté et de remédier aux coupures d'électricité, peut encore survivre.

La majorité des observateurs estiment que la décision de la Cour suprême vise avant tout le président, lui-même visé par plusieurs enquêtes pour corruption dans les années 1990. En 2009, la Cour suprême a annulé un décret de 2007 amnistiant le chef de l'Etat et les membres du gouvernement, ouvrant la voie à des poursuites pour corruption.

Pressé de relancer des enquêtes sur les affaires de corruption impliquant le président, le gouvernement a jusqu'à présent refusé, invoquant l'immunité du chef de l'Etat.

La chute du gouvernement risquerait de plonger le Pakistan, allié stratégique des Etats-Unis, dans une crise politique profonde, alors même que les tensions sont fortes entre l'armée et le cabinet civil dirigé par Gilani.

Les relations entre les autorités civiles et militaires n'ont plus été aussi tendues au Pakistan depuis le dernier coup d'Etat en date, en 1999, ce qui a alimenté des rumeurs sur l'imminence d'un nouveau putsh.

(ats)

Le Premier ministre insiste sur l'immunité du président

Le premier ministre du Pakistan a insisté jeudi sur l'immunité du président Asif Ali Zardari en comparaissant devant la Cour suprême. Celle-ci menace de le faire chuter s'il ne rouvre pas des poursuites pour corruption contre le chef de l'Etat. Ces poursuites concerneraient notamment la Suisse, où la procédure est classée.

Le chef du gouvernement Yousuf Raza Gilani n'a pas eu à annoncer s'il se pliera à l'injonction de la Cour. Cette dernière a en effet ajourné l'audience au 1er février.

La fermeté de la plus haute juridiction du pays met davantage en difficulté un chef de l'Etat et un gouvernement très impopulaires, accusés de corruption et de mauvaise gouvernance et confrontés à l'hostilité croissante de la toute puissante armée, le tout sur fond de crise économique aiguë.

Si le premier ministre ne se plie pas à l'ordre de la Cour de demander notamment à la justice suisse de rouvrir une enquête sur des comptes en banque suspects de M. Zardari, une condamnation forcerait M. Gilani à démissionner. Un scénario qui affaiblirait encore davantage le pouvoir de M. Zardari et pourrait déclencher des élections législatives anticipées.

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